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Jamais coupables les victimes d'agressions !

Georges «Toto» Provost
PHOTO COURTOISE SÛRETÉ DU QUÉBEC

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Le communiqué de presse est laconique. Je le sais, j’en ai écrit des centaines dans mon travail de porte-parole. L’article de Maxime Deland de l'agence QMI est de loin plus explicite. Mais on ne sait pas tout. En fait tout n’est pas nécessairement bon à dire dans cette affaire. On le sait, il est question d’agressions sexuelles, de bestialité, de voies de fait et de séquestration. On se passera des détails si vous le voulez bien.

Les victimes connues à ce jour sont des femmes et une enfant âgée de moins de 14 ans lorsqu’elle a été agressée. On pense qu’il pourrait y en avoir d’autres. C’est un peu beaucoup la raison du communiqué de presse émis plus tôt aujourd’hui par la Sûreté du Québec. Si depuis des années des victimes se taisent par peur de représailles ou par la honte qu’elles vivent, elles doivent maintenant savoir que quelques unes se sont manifesté.

Le suspect, Georges « Toto » Provost âgé de 43 ans, a été arrêté au terme d’une courte enquête. L’enquêteur de la Sûreté du Québec à qui elles se sont confiées a arrêté l’ignoble bourreau le 31 mars dernier dans son village dans Lanaudière. Il est détenu depuis et reviendra en cours sous peu. Depuis presque 15 ans, il se serait promené de villages en villages, au gré de ses prestations musicales dans les bars. Il est permis de penser que d’autres victimes soient restées muettes depuis toutes ces années. Elles demeureront hélas des victimes toute leur vie. Elles peuvent cependant faire en sorte que leur agresseur soit mis hors d’état de nuire pour très longtemps et que sa nouvelle adresse soit un pénitencier fédéral pour de très longues années.

Un registre des délinquants sexuels ?

Est-ce que la tenue d’un tel registre aurait fait en sorte que Provost ne soit devenu le monstre qui est accusé ? Il est permis d’en douter puisque à ce qu’il paraît, tout le monde dans son village savait à peu près ce qu’il faisait. Il n’y aurait eu aucune surprise lors de son arrestation, aucune commotion du genre « Je ne m’attendais pas à ça » ou encore « C’est un bon gars, il n’aurait jamais fait ça ». C’est souvent et malheureusement le cas, bien des gens savent mais ne parlent pas. Et ce, pour toutes sortes de raisons. Il y a aussi la question de la vengeance et de la justice populaire que pourrait poser ce genre de registre. Est-ce que notre société est rendue à ce point pour assurer la protection de ses femmes et de ses enfants ? Le débat risque d’être intéressant.

Les victimes dans tout ça ?

Elles sont ce qu’elles sont, des victimes ! Elles ne seront jamais coupables de quoi que ce soit dans ce dossier, qu’on se le dise. Elles auraient été abusées, agressées, violentées, séquestrées par un être immonde et son chien si on se fie aux accusations. Elles peuvent parler maintenant. Elles peuvent mettre de côté la honte, là gêne et les menaces. Je sais que certaines refuseront de porter plainte. Je sais aussi que les policiers feront intervenir des personnes des CAVAC (Centres d’aide aux victimes d’actes criminels) qui peuvent fournir aide et accompagnement. Elles savent parler et réconforter les victimes. Vous pouvez les joindre au 1 866 532-2822.

Personne ne devrait subir de tels sévices dans sa vie. À ceux et celles qui pourraient avoir été victimes de cet homme, c’est maintenant à vous de parler, de dénoncer avec vigueur les gestes commis par ce triste personnage qu’est Provost. L’histoire ne doit pas se répéter, vous avez maintenant la possibilité et le pouvoir de le faire.