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Toujours interdit de lire à bord d’un autobus scolaire

Sarah Auger
Photo Le Journal de Montréal, Isabelle Maher Sarah Auger, 8 ans, a dû mettre un terme à son habitude de lire durant le trajet d’une vingtaine de minutes qui la conduit jusqu’à l’école.

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Vertement critiqué pour avoir interdit à une fillette de lire un livre dans son autobus scolaire, le chauffeur visiblement ébranlé s’en remet à ses patrons. Pendant ce temps, la Commission scolaire des Hautes-Rivières refuse d’intervenir.

Sarah Auger pourra-t-elle lire un livre pendant le long trajet à bord de l’autobus qui la conduit jusqu’à l’école?

La fillette de huit ans l’ignore pour l’instant.

L’histoire de Jean Dubois, ce chauffeur d’expérience qui considère qu’un livre peut-être dangereux à bord de son autobus, a soulevé un véritable tollé.

«Les commentaires que j’ai lus sur Facebook étaient carrément méchants, je n’ai pas dormi de la nuit. C’est à ma patronne de décider s’il sera ou non interdit de lire dans mon autobus», s’est défendu l’homme d’une soixantaine d’années.

Les parents de l’enfant se sont tournés vers la direction de l’école et les responsables du service de transport scolaire, mais sans succès.

«On nous dit que cette interdiction est ridicule, mais personne n’agit. C’est un excellent chauffeur, mais cette décision est tout simplement triste. Je ne peux être en accord avec ça», explique le père de la jeune Sarah, Daniel Abel.

De son côté, la direction de la Commission scolaire des Hautes-Rivières n’a aucunement l’intention d’infirmer la décision du chauffeur.

La direction des communications a publié un communiqué dans lequel elle convient qu’un livre n’est pas dangereux, mais que le contexte doit être pris en considération. «La responsabilité d’un conducteur d’autobus scolaire est de transporter les élèves en toute sécurité», rappelle M. Mario Champagne, secrétaire général et directeur des communications.

Le conducteur est maître à bord de son véhicule. Son attention doit être concentrée sur sa conduite. Il est le mieux placé pour juger de ce qui convient, peut-on aussi lire.

Aucun jugement

<b>Erik Falardeau</b><br />
Professeur à l'Université Laval
Isabelle Maher
Erik Falardeau
Professeur à l'Université Laval

Professeur de didactique du français à l’Université Laval, Érik Falardeau est tout simplement estomaqué par l’absurdité de la situation.

«Je ne blâme pas le chauffeur qui a peut-être peur des poursuites, mais qu’une commission scolaire ne soit pas capable d’avoir une vision pédagogique, je crois que nous sommes en présence de personnes qui n’ont aucun jugement», tranche-t-il.

«Les enfants peinent à avoir des habitudes de lecture à l’extérieur de l’école, ÇA, c’est documenté», conclut-il.

 

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