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Un budget qui répare les pots cassés

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Avec un surplus budgétaire de 1,4 milliard, le ministre Oliver a souligné la discipline fiscale du gouvernement et a porté un regard optimiste pour l’avenir. Il devrait être plus sobre.

Après tout, les conservateurs nettoient leurs dégâts alors que plusieurs gouvernements provinciaux continuent d’augmenter leurs dépenses relativement à leurs économies.

Un budget de réparation

Héritant d’un budget équilibré en 2006, il n’a pas fallu longtemps pour que les conservateurs commencent à écrire les budgets à l’encre rouge. Au début de la crise économique, ils ont décidé de dresser un plan ambitieux de «stimulus fiscal» en espérant qu’une augmentation prononcée des dépenses publiques stimulerait l’économie.

Néanmoins, il faut savoir que plusieurs économistes croient que les politiques fiscales ne produisent pas d’effets bénéfiques à court terme. Valerie Ramey de l’Université de la Californie a recensé la littérature économique et a trouvé qu’un dollar additionnel en dépenses gouvernementales faisait grossir l’économie de moins d’un dollar.

Ceci implique qu’à long terme, le déficit ralentit la croissance économique. Il y a une minorité appréciable d’économistes en désaccord avec cette conclusion. En principe, ces économistes auraient appuyé le déficit des conservateurs pour relancer l’économie.

Toutefois, il s’agit d’un appui conditionnel qui repose sur la nécessité de dépenser sur des projets qui augmentent la productivité de l’économie canadienne. Une condition qui était absente: les conservateurs ont utilisé des fonds publics pour participer au sauvetage des fabricants automobiles et ont alloué les fonds pour les infrastructures (selon le bureau du vérificateur général) à des fins électoralistes et non selon le mérite.

Ainsi, il convient d’affirmer – sans égard à la position académique sur le sujet des déficits budgétaires – que les conservateurs avaient déjà fait des dégâts. Dans un tel cas, il est difficile de souligner la discipline du gouvernement.

Les provinces dépensent et taxent trop

En outre, l’optimisme du ministre Oliver n’est pas de mise. S’il est vrai que le Québec est très endetté et dépense libéralement, il est aussi vrai que l’Alberta, l’Ontario et la Colombie-Britannique font des efforts titanesques pour s’enfoncer aussi bas que le Québec.

Depuis plusieurs années, la taille des gouvernements provinciaux en Alberta, en Ontario et en Colombie-Britannique a augmenté plus rapidement que l’économie de ces provinces. En somme, ces gouvernements grossissent plus rapidement que leur économie.

Plusieurs économistes sonnent les cloches quant à cette réalité peu discutée publiquement. Par exemple, l’économiste Livio di Matteo notait récemment que les politiques publiques adoptées en Ontario depuis environ une décennie ont eu pour effet de transformer l’ancien champion de la croissance économique canadienne en boulet pour celle-ci.

Ajoutons à tout cela la situation fragile du Québec et il est difficile d’être optimiste pour l’avenir économique du Canada.

Le ministre Oliver devrait faire preuve d’un peu de modestie considérant l’historique de son gouvernement et devrait aussi souligner les difficultés de l’économie canadienne au lieu de les ignorer en vue de l’élection.

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