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Ces microbrasseries qui voient grand

Chaque fois qu’une grosse brasserie en acquiert une plus petite, elle paie davantage pour obtenir un produit complémentaire à sa propre gamme.
Photo Fotolia Chaque fois qu’une grosse brasserie en acquiert une plus petite, elle paie davantage pour obtenir un produit complémentaire à sa propre gamme.

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En 2004, Unibroue a été acquise par Sleeman Breweries. Un des porte-étendard de la scène brassicole québécoise se rendait donc à des intérêts ontariens. Certains amateurs clamaient que la brasserie perdrait son âme, que les produits de grande qualité tels que la Fin du Monde, la Maudite et la Trois-Pistoles allaient commencer à battre de l’aile.

Les principaux intéressés d’Unibroue rassuraient leur clientèle en soutenant que le but premier était de faire croître la visibilité de leur gamme de produits sur le marché et surtout pas de les altérer.

Puis la géante japonaise Sapporo, en 2006, s’est portée acquéreur de Sleeman, et donc d’Unibroue par la bande. Encore une fois, les recettes des bières mentionnées n’ont pas changé. Mais ça, ce n’est rien de bien surprenant. Chaque fois qu’une grosse brasserie en acquiert une plus petite, elle paie davantage pour obtenir un produit complémentaire à sa propre gamme.

D’un petit village à une distribution nationale

Transportons-nous en Ontario, dans le village de Creemore Springs plus précisément, à la même époque. Cette fois-ci c’est Molson Canada qui décide de s’approprier la petite Creemore Springs Brewery, sympathique productrice de lagers d’inspiration allemande. Ici également, on dit vouloir élargir le territoire de vente des produits de la brasserie, soit la Premium Lager, la Kellerbier, la Pils, etc. Et à nouveau, on pouvait sentir l’inquiétude chez les fans de Creemore Springs.

Tous les participants de l’industrie savent qu’augmenter considérablement la production d’une bière représente des défis techniques considérables. Mais, en fin de compte, encore aujourd’hui, les bières de Creemore Springs ne démontrent aucun signe de modification. Elles demeurent entièrement fidèles à leur profil gustatif de l’époque. Leurs nouveaux propriétaires savent bien que c’est dans leur intérêt de ne rien changer de ces très bonnes lagers.

Goose island au Québec

Plus récemment, c’est l’icône de Chicago, la brasserie Goose Island, qui a été achetée par AB-InBev, le plus gros consortium brassicole sur la planète. L’achat a permis à Goose Island, dont quelques produits sont offerts dans les épiceries québécoises depuis peu, d’augmenter la production et la distribution de leurs bières phares. Mais aussi de leur donner les moyens de brasser encore plus de bières audacieuses, en plus d’augmenter le volume annuel de certains de leurs succès autrefois rares, voire difficiles à trouver.


Martin Thibault et David Lévesque Gendron sont les auteurs des Saveurs gastronomiques de la bière, sacré meilleur livre sur la bière au monde, aux Gourmand World Cookbook Awards, gagnant du Premier Prix littéraire mondial de la Bière et d’une médaille d’or au concours des livres culinaires canadiens de Taste Canada, et finaliste au prix Marcel Couture.


Le saviez-vous ?

La brasserie Goose Island possède maintenant plus de 6000 barriques de chêne utilisées afin de faire mûrir de nombreuses créations (dont la Sofie et la Matilda). Cela représente un des plus gros chais brassicoles en Amérique du Nord.

Dégustation comparative

3 grandes bières de grandes brasseries

 

Brèves

La Sofie

de Goose Island, à Chicago
Photo courtoisie

Au nez: Oranges, bananes et herbes

En bouche : Miellée et effervescente

Pourquoi c’est bon: Élégante et complexe, elle demeure facile d’approche même pour le néophyte curieux.

 

 

 

La Maudite

d’Unibroue, à Chambly
Photo courtoisie

Au nez: Noisettes, fleurs et fruits mûrs

En bouche: Coriandre et pain

Pourquoi c’est bon: Les amateurs de profils épicés s’en régalent depuis des lunes et pour cause. Son zeste d’orange et sa coriandre se mêlent à perfection aux notes fermentaires et aux céréales délicatement caramélisées.

 

La Premium Lager

de Creemore Springs, à Creemore Springs (Ontario)
Photo courtoisie

Au nez: Céréales grillées et herbes

En bouche: Douce et facile à boire

Pourquoi c’est bon: Cette bière prouve hors de tout doute que la bière simple et bien exécutée peut être aussi agréable qu’une baguette de pain frais.

 

 

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