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Ticket à un homme décédé, le maire Coderre n’a pas à intervenir !

Denis Coderre
Photo Agence QMI, MAXIME DELAND

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Mais il sera peut être forcé de le faire maintenant. Les réseaux sociaux se sont une fois de plus enflammés. L’affaire est pourtant simple, Jeremy Horne, 24 ans, est trouvé mort dans un appartement de NDG le 7 mars dernier. En récupérant la voiture de son fils décédé, le père apprend que dans les heures suivant la découverte du corps de son fils, un constat d’infraction avait été émis et déposé sur la voiture du défunt. Une histoire de voiture mal garée à ce qu’il paraît et une amende de 53 $.

Et c’est là que la machine dérape. Le père demande simplement à un fonctionnaire de la cour municipale d’annuler la contravention en évoquant le décès de son fils. Pour toute réponse il se fait dire de contester en cour. Pardon ? On est en face d’une réponse digne du « le règueulment c’est l’règueulment, pis l’règueulement yé faite pour ête suit. Pis ceuses pis celles qui veulent pas l’suire, ben qu’y s’en vont ! ».

C’est un peu beaucoup ce que s’est fait répondre cet homme, qui vient de perdre un fils, quand on lui dit qu’il y a un processus et qu’il devra s’y soumettre. Bien sûr, aller à la cour municipale dans quelques mois et expliquer au procureur et au juge que son fils état mort quand le ticket a été émis. Est-ce que ça prend vraiment un juge pour faire preuve d’un peu d’humanité ? Et le fonctionnaire lui, est-ce qu’il a perdu toutes se facultés de raisonnement humain en entrant au travail ce matin là ? On dirait que le jugement est en option des fois.

Bon, pour annuler une amende de 53 $, on va prendre le temps d’un juge, d’un avocat, une salle de cour, faire déplacer les témoins et le père. Et combien ça va coûter aux citoyens de Montréal tout ça ? Certainement plus que l’amende initiale. Mais ce n’est pas grave, c’est le processus, le « règueulment ». Il aurait été si simple, et combien moins couteux, de demander une confirmation du décès de Jeremy Horne et d’annuler le tout avant d’entreprendre ce fameux processus. La logique de l’exercice m’échappe dans tout ça. On va dépenser inutilement combien d’argent pour finalement être privé de 53 $ ?

Cet événement n’aurait jamais dû se retrouver sur le bureau du maire Denis Coderre. La première personne à répondre à la demande d’annulation aurait eu avantage à faire preuve d’initiative et de compassion. C’est un peu comme si le fonctionnaire en question avait « dompé » le tout sur le bureau du premier magistrat de la Ville.

Et pour ajouter l’insulte à l’injure, la porte-parole du maire aurait dit que « le maire n’avait pas l’intention d’agir ». Il est un peu tard pour maintenir ce discours d’employé qui ne connaît rien d’autre que le règlement et le processus. Non le maire n’annulera pas le constat, ce n’est pas à lui de le faire, d’autres en avaient la possibilité bien avant. J’ai cependant l’impression que Denis Coderre va faire en sorte que le message provienne jusqu’aux fonctionnaires de la cour municipale.

Il devra faire mention de l’humanité et de la compassion que devraient démontrer ses fonctionnaires, ainsi que le respect pour le citoyen qui vit un drame épouvantable. Il sera aussi question, j’en suis convaincu, que jamais ce type de dossier ne rebondisse sur son bureau. Il a certainement d’autres chats à fouetter que de s’occuper de constats d’infraction. Bien qu’ici, il aurait peut être envie de fouetter autre chose que des chats...