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Heavy Blues porte bien son nom

Heavy Blues porte bien son nom
Photo courtoisie

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Randy Bachman est devenu avec le passage du temps ce que certains pourraient qualifier de musicien consacré, dans le panthéon du rock n’roll canadien.

Bachman ★★

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Heavy BluesLinus

D’abord au sein des Guess Who avec Burton Cummings, puis Bachman Turner Overdrive. Des albums solo, des aller-retours entre des reformations des Guess Who, BTO et dérivés. Il s’est prêté au mentorat, entre autres avec Jeff Healy, et anime toujours une émission radio à la CBC très sympathique, où il ne se gêne pas pour doubler les chansons qu’il fait passer (entendu Brothers in Arms, note pour note), avec des anecdotes surprenantes. Entre autres, qu’il a tourné en Angleterre dans les années 60, avec les Who, Led Zeppelin et Cream.

Heavy Blues porte bien son titre. Du blues rock, heavy, agressif, comme il s’en jouait dans les années 60. En trio avec Anna Ruddick (basse) de la formation montréalaise Ladies of the Canyon, et Dale Anna Brendon (batterie), le trio littéralement explose. Avec puissance.

Onze compositions originales, un tsunami de guitares électriques, bruyantes, aux soli enflammés, gracieuseté d’une liste d’invités (Neil Young, Peter Frampton, Joe Bonamassa, Robert Randolph, Scott Holiday des Rival Sons, Luke Doucet). Il sort même Jeff Healy d’outre-tombe.

Tous sans exception jouent merveilleusement bien (Heavy Blues avec Frampton, Bad Child avec Bonamassa et Little Girl Lost avec Neil Young). Les clins d’œil aux classiques (The Edge/The Who, Bad Child/Hendrix) sont réfléchis et subtils.

Faut prendre le temps... parce que c’est vraiment heavy, d’un bout à l’autre, même Please Come To Paris, qui ne fait pas dans la musette.

Côté textes, il joue la carte d’une certaine sagesse, sur les excès de jeunesse, l’alcool et la perte de repères.

Bachman a 71 ans, il est visiblement en bonne forme et ce CD ne trahit définitivement pas son âge. Chaleureusement recommandé.

The Prodigy ★★★½

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The Day Is My Enemy, Universal

La sortie d’un CD de ce groupe-culte laisse toujours aussi perplexe. D’abord ils sont peu productifs, leur sixième album en près d’un quart de siècle. Ils possèdent en plus ce je ne sais quoi d’instinctif, de primitif, tribal (Medicine) peu enclin à plaire. Enfin la voix de Liam Howlett a ce même côté viscéral, de psychopathe en crise (Get Your Fight ON) que la voix de Bon Scott d’AC/DC. On vogue de surprise en surprise; du faux EDM pour une bonne mesure d’iconoclastie (IBIZA), des emprunts à tort et à travers (clarinette et airs des Balkans) du plus bel effet, une parodie de dubstep à donner une crise d’urticaire à Skrillex (Roadblox). Le son est pesant, agressif, sur des comptines par ailleurs d’une simplicité désarmante. Bref ce sera selon. Loin derrière Rammstein et les Bérus, ce qui n’est pas si mal en soi.

Angélique Kidjo ★★

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Sings with the Orchestre Philharmonique du Luxembourg, 429 Records

Un projet singulier: soliste à la manière d’une chanteuse d’opéra, 11 chansons, des compositions, des interprétations dont Ominira de Vinicius Cantuaria, Petite Fleur de Sidney Bechet et Samba Pa Ti de Carlos Santana. Elle chante en plusieurs langues africaines, en portugais et en espagnol. Elle fait un tour du continent et donne tons et couleurs à l’Afrique de l’Ouest, orientale et australe. Elle chante magnifiquement bien (Nanae), juste, avec panache, pas du tout intimidée par l’orchestre. En fait elle surfe dessus, sans aucun effort, soutenue de brillante manière par une excellente section rythmique, dont Christian McBride et Lionel Loueke. L’orchestre est celui du Luxembourg. Une grande artiste. Pour les fans.

Sinikka Langeland ★★★

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The Half-Finished Heaven, ECM

Pour les fans de musiques nordiques, ancrées dans la tradition des runes, celle qui alimente les atmosphères froides et glauques de Game of Thrones, Millenium ou le métal norvégien. Les compositions sont à la fois entre folk, le kanteles instrument central / harpes sur table de 10, 15, 39 cordes et jazz manière ECM, pour saxophone, violon, batterie et chant. Une musique d’un calme désarmant (The Woodcock’s Flight), jouée avec finesse, avec un saxophoniste dont on entend à la fois le souffle et la note. Une musique à l’accent pastoral et Renaissance, une très belle voix féminine qui fait songer au fado et Mariza, où l’on se met à rêver éveillé. Les fans de Jan Garbarek, Stephan Micus ou Pierre Bensusan vont y trouver leur compte.


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