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Le mystère Adil Charkaoui

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L’imam est un personnage hautement médiatisé. Cette semaine, l’on apprenait que Mahdi El Jameli, le jeune musulman radicalisé arrêté en compagnie de sa compagne Sabrine Djaermane, fréquentait son établissement. Sur son compte Facebook, El Jameli louangeait un événement au titre évocateur de «Fuyez vers Allah» auquel il avait assisté en décembre dernier au centre communautaire de Charkaoui.

Des étudiants disparus du Collège de Maisonneuve, soupçonnés d’être aujourd’hui en Syrie où ils auraient rejoint l’État islamique, un certain nombre fréquentaient le centre de l’imam. Ce dernier menace désormais de poursuivre quiconque publiera des textes l’associant à ces jeunes radicalisés.

Charte des droits et libertés

Adil Charkaoui connaît bien la Charte des droits et libertés qui lui est sans doute aussi précieuse que le Coran. Il ne craint guère d’utiliser le système judiciaire dont on sait qu’il n’est pas à la portée financière de tous ceux qui se sentent lésés au Canada. Il poursuit actuellement le gouvernement canadien pour plus de 26 millions $.

Pour mémoire, rappelons que le parcours d’Adil Charkaoui comporte des zones d’ombre qui laissent pantois plusieurs. En 2003, Denis Coderre, alors ministre de l’Immigration, autorise l’émission d’un certificat de sécurité à l’encontre de Charkaoui. Plusieurs le soupçonnent d’être membre d’un groupe lié à Al-Qaïda. Arrêté, il sera incarcéré durant 21 mois. Remis en liberté en 2005, il doit se soumettre à plusieurs conditions, dont le port d’un bracelet électronique. Il recouvre sa pleine liberté et devient citoyen canadien en 2014.

Pour mémoire, rappelons que le parcours d’Adil Charkaoui comporte des zones d’ombre qui laissent pantois plusieurs

L’homme réussit toujours à faire reculer le système. Le Collège de Maisonneuve lui avait dans un premier temps loué des locaux et, dans un second temps, avait annulé l’entente à la suite du lien établi entre certains jeunes qui suivaient ses cours d’arabe et de Coran et leur disparition vers la Syrie. Le collège a ensuite changé son fusil d’épaule sous la pression de l’imam et de ceux qui l’appuient au nom des droits de la personne. Il a donc retrouvé son local dans le collège où il dispense sa bonne et radicale parole. On lui impose cependant la présence d’un observateur sur les lieux. Par ailleurs, une policière a établi ses quartiers dans l’institution afin de «lutter contre la radicalisation».

N’est-ce pas naïveté de la part des autorités de croire qu’un homme comme Charkaoui, intelligent et rusé, combatif et sans peur, mais sans doute non sans reproche va se limiter à des prêches sous surveillance?

L’imam refuse de s’expliquer désormais et lance, telles des fatwas, des menaces de poursuite aux médias qui tentent de recueillir ses commentaires. Que pense-t-il de ses jeunes ouailles qui fuient justement vers Allah en Syrie?

Comment des enfants de 18 ans vivant au Québec au sein de familles venues chercher ici paix et liberté peuvent-ils en arriver à pareil endoctrinement et en si peu de temps? Que leur raconte-t-on? Que leur suggère-t-on entre un cours d’arabe et des sourates du Coran? Combien de temps va-t-on continuer à allonger la liste de jeunes disciples en fuite de ce prophète de malheur, citoyen canadien qui garde son mystère, se réfugiant derrière sa notoriété médiatique?