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Léa Seydoux ne fait pas le poids

Léa Seydoux ne fait pas le poids
photo courtoisie

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C’est la quatrième fois que Journal d’une femme de chambre, un roman d’Octave Mirbeau, est adapté au grand écran. Et cette nouvelle version n’apporte rien de plus que ses prédécesseurs.

D’abord adaptée par un cinéaste russe en 1916, puis par Jean Renoir en 1946 et enfin par Luis Bunuel en 1964, l’œuvre reprend l’affiche cette fois dans l’objectif de Benoît Jacquot et met en vedette Léa Seydoux dans le rôle de Célestine, une domestique du XIXe siècle qui dénonce la turpitude de ses maîtres.

Célestine accepte un poste chez les Lanlaire (Clotilde Mollet et Hervé Pierre), qui habitent un petit village en Normandie. Madame est capricieuse et décidée à «dresser» cette femme de chambre belle et ambitieuse. Monsieur, pour sa part, lui court après, en cette époque où les domestiques servaient également de divertissement. Peu à peu, Célestine s’intègre à la vie de la communauté. Le dimanche, après la messe, elle socialise avec les autres servantes. Chez les Lanlaire, elle est rapidement fascinée par Joseph (Vincent Lindon), le jardinier violemment antisémite (nous sommes en plein dans l’Affaire Dreyfus).

Au fur et à mesure, on découvre à coup de retour dans le temps, le passé de Célestine, ses anciens patrons – dont une grand-mère (Joséphine Derenne) et son petit-fils tuberculeux (Vincent Lacoste) -, ses anciennes aventures et la proposition d’une mère maquerelle. Tenant à son amour propre, jamais Célestine ne se prostitue, pas même à l’un de ses maîtres.

Absente, de marbre

Violente critique de l’esclavage dans lequel sont maintenus les domestiques en France à l’époque, critique sociale acerbe, le roman d’Octave Mirbeau perd de sa force avec cette adaptation somme toute fidèle. Le scénario de Benoît Jacquot et d’Hélène Zimmer arrive comme un cheveu sur la soupe, le spectateur passant à côté du violent réquisitoire de l’auteur ainsi que de son dégoût de la société.

On ne peut s’empêcher, non plus, de comparer Léa Seydoux à Jeanne Moreau, la jeune femme, même si elle jouit d’une hérédité cinématographique certaine, ne parvenant pas à transmettre toute la sensualité et la fourberie de Célestine. De surcroît, l’actrice ne parvient jamais à trouver le ton juste quand il faut qu’elle exprime des émotions (à part lors de la scène avec la maquerelle). Elle semble comme absente, de marbre, ce qui rend la fin encore moins crédible.

La mise en scène de Benoît Jacquot souffre également de défauts – surabondance de zooms, surtout au début – qui ne facilitent pas la fluidité du récit. Pour inconditionnels ou curieux seulement.

  • Journal d’une femme de chambre (2.5/5)

Film de Benoît Jacquot. Avec Léa Seydoux et Vincent Lindon.

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