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Quel «recul de la gauche»?

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Suite aux manifestations étudiantes et aux événements inqualifiables survenus à l’UQAM, la traditionnelle dichotomie gauche/droite est de nouveau au cœur de l’actualité et sert à identifier deux camps théoriquement antagonistes.

Gauche ? Droite ?

Les étudiants qui ont promis une crise sociale pour lutter contre l’austérité sont associés à la gauche. Et face à leurs momeries et à leurs tentatives infructueuses de créer un élan, il peut être tentant de conclure à un «recul de la gauche» et donc à une montée de la droite, sinon de l’extrême droite au sens le plus péjoratif du terme.

Bien malin, toutefois, celui qui pourrait proposer une définition rigoureuse des termes gauche/droite tant ils ont été galvaudés. Tout clivage que ces termes pourraient inspirer ne peut être, au mieux, que dangereusement imparfait et agir comme agent de régression sociale.

Cela dit, la gauche est souvent associée à la défense des libertés individuelles, mais elle se veut accusatrice des libertés économiques à travers de ses diatribes contre l’entreprise et le profit. La droite, au contraire, est perçue comme l’avocate des libertés économiques, mais aussi comme la condamnatrice des libertés individuelles avec pour preuve son opposition au mariage gai et à l’avortement.

Quel cadre d’analyse ?

Or, ce genre de définitions ne repose sur aucun cadre d’analyse ou principe fondamental. Il relève plutôt d’une dissonance intellectuelle à la limite de la pathologie, car on ne peut, au gré des circonstances ou selon l’intérêt à défendre, être à la fois pour et contre la liberté.

Soit on croit en la liberté comme concept philosophique indivisible respectant la formule proverbiale «la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres», soit on n’y croit pas.

Pourtant, alors que la gauche milite pour que deux personnes soient libres de signer un contrat de mariage, quel que soit leur sexe, elle refuse de les laisser libres de parapher d’autres formes de contrats, particulièrement ceux à saveur économique. Et tandis que la droite respecte la liberté de chacun de disposer de son corps quand il s’agit de choisir son lieu de travail et les conditions, elle veut faire interdire le droit à l’avortement.

Liberté vs interventionnisme ?

Ainsi, la gauche comme la droite sont opposées à la liberté et sont fondamentalement étatistes. Elles s’affrontent uniquement sur les domaines et l’étendue de l’intervention de l’État.

Toute segmentation de la société, s’il en faut une, doit donc transcender le pseudoschisme gauche-droite pour reposer sur une opposition cohérente et rigoureuse entre deux philosophies. À cet égard, le seul véritable clivage est celui qui oppose ceux qui prônent la liberté et la responsabilité individuelle à ceux qui réclament l’intervention de l’État.

Dans ce contexte, qu’il soit de gauche ou de droite, l’étatisme se porte à merveille. Il progresse depuis des décennies et il semble aujourd’hui naturel que l’État influence nos comportements et nos mentalités, qu’il taxe, subventionne, réglemente et légifère pratiquement tous les aspects du quotidien. L’érosion de nos libertés, voilà le seul véritable recul qui afflige notre société!

 

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