/finance
Navigation

Passionné de vin depuis 34 ans

ARG-ALAIN BRUNET SAQ

Coup d'oeil sur cet article

Le regard d’Alain Brunet s’illumine lorsqu’il parle de vin et de commerce de détail. L’homme se passionne pour ces sujets depuis qu’il a décroché son premier emploi à la SAQ, il y a 34 ans.

Le regard d’Alain Brunet s’illumine lorsqu’il parle de vin et de commerce de détail. L’homme se passionne pour ces sujets depuis qu’il a décroché son premier emploi à la SAQ, il y a 34 ans.

Un poste de commis dans une succursale du quartier Côte-des-Neiges, près de l’Université de Montréal, où il étudiait l’histoire. L’emploi de président et chef de la direction de la SAQ était taillé sur mesure pour Alain Brunet.

Malgré sa fulgurante ascension, le patron demeure près de la base. Il visite des magasins pratiquement toutes les semaines pour prendre le pouls du personnel et des clients.

«La clientèle est de plus en plus exigeante, car elle peut comparer. En plus, les Québécois sont épicuriens et connaissent très bien les produits.»
– Alain Brunet
 

Quelles sont vos priorités?

«Répondre aux enjeux du commerce de détail, qui évolue rapidement. On doit maintenant rejoindre nos clients sur tous les canaux, les magasins, le web et les réseaux sociaux. La clientèle est de plus en plus exigeante, car elle peut comparer. En plus, les Québécois sont épicuriens et connaissent très bien les produits. Avec notre nouveau programme, SAQ Inspire, on va personnaliser la relation client. On veut que le client nous identifie ses goûts et ses attentes pour lui envoyer des fiches de dégustation, des recettes, des offres et des services. Si on a une bonne conversation, le client nous identifiera ce qui manque dans notre offre. C’est infini l’alcool dans le monde. Nous offrons déjà 10 000 produits, mais on pourrait en proposer 30 000.»


Des détaillants fermeront des magasins avec la hausse des ventes en ligne. Quelle est votre analyse?

«Le magasin va demeurer l’expérience ultime, car le client veut voir et goûter nos produits et parler à son conseiller. Il n’y aura pas moins de SAQ. Peut-être plus de succursales même, car nous souhaitons être près des clients, partout au Québec. Par contre, on va mieux gérer les pieds carrés en réduisant la taille de succursales. Le magasin va devenir un lieu de contact et de dégustation. Il n’est plus nécessaire d’y aller pour trouver un produit, car on peut l’acheter en ligne et le faire livrer au magasin de notre choix.»


Allez-vous ouvrir d’autres SAQ Dépôt?

«L’été prochain, l’enseigne comptera 10 magasins avec Repentigny et Mirabel. C’est le nombre d’établissements à escompte qu’un grand réseau doit avoir. L’enseigne génère 18 % de nos ventes.»


Vous retournez plus de 1 G$ à l’État annuellement. Le vin est-il trop cher?

«On le vend dans la moyenne des prix en Amérique. Il y a des gammes de produits où on est dans le marché, certaines où on est en avant et d’autres où nous sommes moins bien positionnés. Par exemple, pour les vins en bas de 13 $, nous avons dû “revamper” l’offre. Mais la part de marché de ces produits n’est pas élevée. Le prix moyen est autour de 15 $ à la SAQ.»


Sentez-vous la pression de livrer un gros dividende?

«On travaille avec un plan d’affaires et des scénarios de croissance comme n’importe quelle entreprise commerciale. On tient compte des demandes de l’État, mais dans notre contexte d’affaires. Quand on s’entend sur un résultat final, il nous appartient de le livrer.»


Pourquoi les vins ontariens sont-ils mieux positionnés en Ontario que les produits québécois ici?

«L’industrie québécoise est plus jeune, à peine 30 ans. Mais elle est arrivée à un niveau de qualité permettant de produire plus de quantités. On développe les produits d’origine Québec depuis quelques années même si distribuer des produits de niche dans 400 magasins peut être difficile. Avec le web, on peut offrir une distribution sur mesure. L’an dernier, on a ajouté les produits dans 180 magasins. Les ventes des vins du Québec ont grimpé de 70 %. On vend pour 40 M$ de produits locaux.»

 

Brèves

Qui est-il ?

Alain Brunet est président de la SAQ depuis janvier 2014. Auparavant, il a été successivement vice-président des ventes, vice-président commercialisation et vice-président et chef de l’exploitation de l’organisation pendant une dizaine d’années. Le dirigeant travaille au sein de la société d’État depuis 1981. Il détient notamment une maîtrise en administration des affaires décernée par l’Université McGill et HEC Montréal.

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.