/news/currentevents
Navigation

De la violence psychologique, dit un témoin

L’agent Pierre-Luc Gauthier a juré à un itinérant qu’il l’attacherait à un poteau pendant une heure

Le policier Pierre-Luc Gauthier se trouve devant le Comité de déontologie policière après avoir affirmé à un itinérant qu’il l’attacherait à un poteau pendant une heure, en plein hiver.
PHOTO chantal poirier Le policier Pierre-Luc Gauthier se trouve devant le Comité de déontologie policière après avoir affirmé à un itinérant qu’il l’attacherait à un poteau pendant une heure, en plein hiver.

Coup d'oeil sur cet article

Un policier de Montréal a usé de « violence psychologique » en menaçant d'attacher un itinérant légèrement vêtu à un poteau en plein hiver, croit le témoin qui a filmé la scène.

En marge de son témoignage devant le Comité de déontologie policière ce matin, Adis Simidzija dit qu’il était heureux que le policier ait à répondre de ses actes.

«Je suis content que cette histoire ait pris une envolée médiatique [...] parce qu’il y a eu de la violence psychologique envers cette personne en situation d’itinérance», a déclaré l’étudiant à la maîtrise en sociologie.

Le comité se penche sur une vidéo mise en ligne le 2 janvier 2014 où on voit l’agent Pierre-Luc Gauthier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) menacer un itinérant habillé d'un t-shirt et des shorts de «l'attacher une heure à un poteau» alors qu’il faisait un froid sibérien.

L’agent et son partenaire, Vincent Marcotte, intervenaient à la suite d’une série d’appels au 911 par rapport au comportement « fou» de l’itinérant.

Le policier qui a menacé un itinérant de l’attacher à un poteau.
Capture d’écran
Le policier qui a menacé un itinérant de l’attacher à un poteau.

Selon le témoin, l’intervention était «surréaliste», parce qu’elle se déroulait à l’extérieur alors qu’il faisait près de -40 degrés Celsius.

«Les policiers ont fait complètement abstraction de la réalité itinérante», a conclu M. Simidzija.

La crédibilité du témoin a toutefois été remise en question en contre-interrogatoire. Celui-ci a avoué être «méfiant» envers les policiers et avoir reçu quatre constats d’infraction après avoir participé à des manifestations contre la brutalité policière.

Un fonctionnaire provincial est également venu expliquer que l’itinérant était sous la curatelle publique et qu’il avait un comportement «problématique d’agressivité» et un «historique d’incarcération».

Mesures disciplinaires

Les propos de M. Gauthier envers l’itinérant lui ont valu des mesures disciplinaires, a avoué aujourd'hui l’inspecteur du SPVM Alain Gagnon, qui était son patron en janvier 2014.

Sans entrer dans les détails, l’inspecteur a révélé qu’il avait notamment relevé M. Gauthier d’une fonction de senior à son poste de quartier.

Adis Simidzija, Témoin
photo courtoisie
Adis Simidzija, Témoin

«[C’était] pour donner l’exemple et m’assurer du coaching, parce qu’un senior prêche par l’exemple, puis les propos qu’il avait utilisés étaient plus ou moins, selon moi, acceptables», a témoigné M. Gagnon.

D’autres mesures disciplinaires sont ensuite venues «quelques semaines plus tard».

Les deux policiers n’ont pas encore donné leur version des faits. Ils devraient témoigner jeudi.


Ce qui s’est dit dans la vidéo

Le policier à l’itinérant: «Je te le dis, si t’es agressif, qu’on a un autre appel au 911 parce que t’es agressif, si t’insistes, là, t’arrêtes d’insister. Tu vas t’installer calmement, tu vas rester au chaud. Si tu veux rester au chaud, là, tu parles pas à personne.

Parce que là, là, il y a quatre personnes qui nous ont dit que t’étais agressif, puis t’insistais pour avoir de l’argent. T’insistes pas. Les gens ne vont pas plus te donner de l’argent. Les gens, là, [incompréhensible] ils vont travailler pour ça.

[Incompréhensible] Tu sais ce qui est clair, je te le dis, si j’ai un autre appel au 911 pour toi, je t’attache une heure après le poteau, puis je te le jure, regarde-moi dans les yeux, je te le jure, je te le jure je t’attache après un poteau pendant une heure.»

Adis Simidzija au policier : «Vous savez que c’est des menaces que vous avez pas le droit de faire, monsieur?»

Policier : «Reculez s’il vous plaît, on est en train de faire une intervention.»

Simidzija : «Je recule, mais vous êtes en train de proférer des menaces [incompréhensible].»

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.