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Un entrepreneur proche de l'ex-maire de Blainville ciblé par l'UPAC

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Un entrepreneur de Blainville, qui était aussi un très proche collaborateur de l'ancien maire François Cantin et qui faisait des affaires d'or avec la municipalité, est au centre d'une vaste enquête de l'UPAC.

Environ 70 enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) ont mené une série de perquisitions ce matin à l'hôtel de ville de Blainville ainsi qu'aux sièges sociaux des entreprises Domco, Tapage Communication.

Le Journal a appris que Doncar Construction (à Laval) et Construction CJRB (à Terrebonne) ont également reçu la visite des policiers.

Selon nos informations, le propriétaire des compagnies d'impression et de publicité Domco et Tapage Communication, l'homme d'affaires Dominic Cayer, est lui-même au coeur de l'opération policière pour des faits qui se seraient déroulés à partir de 2005.

Toujours selon nos renseignements, les perquisitions visaient à amasser de l'information dans plusieurs projets d'enquête distincts, qui visent notamment l'octroi de contrats publics de construction, de déneigement, de services d'imprimerie et de communications.

Domco et Tapage Communication auraient perçu pas moins de 2,6 M$ de contrats - soit plus de 400 000 $ par année chacune - de la ville de Blainville entre 2006 et 2008. Dominic Cayer était alors conseiller politique du maire de l'époque, François Cantin. Élu en 2005, ce dernier a effectué deux mandats avant de quitter la mairie, en 2013.

En 2001, M. Cayer a également été conseiller municipal dans l'équipe de M. Cantin, ainsi que chef de son parti jusqu'à sa première élection. À ce moment, l'entrepreneur s'est retiré de la vie politique et ses firmes ont commencé à décrocher de nombreux contrats à Blainville.

À la suite d'une plainte formulée par un citoyen de Blainville, le ministère des Affaires municipales du Québec a averti la ville, en 2009, qu'elle devait être «plus vigilante relativement à la gestion de ses fonds publics et revoir ses pratiques actuelles en matière d'adjudication de contrat pour s'assurer d'un processus plus rigoureux et transparent dans le meilleur intérêt des contribuables».

La ville aurait octroyé plus de 200 mandats à Tapage Communications et Domco entre 2006 et 2008 et la grande majorité de ces contrats auraient été attribué de gré à gré.

«Tapage était devenu le troisième plus gros fournisseur de la ville après Hydro-Québec et la compagnie qui ramassait les ordures, a confié au Journal John W. Babiak, le citoyen à l'origine de la plainte auprès du ministère. Tout ce qui pouvait passer par lui, passait par lui».

Selon nos informations, Dominic Cayer était également très impliqué dans l'organisation d'élections sur la couronne nord et obtenait de nombreux contrats dans plusieurs municipalités.

Il a entre autre collaboré avec Gilles Cloutier, cet ancien organisateur d'élections clé-en-main devenu témoin vedette et controversé de la commission Charbonneau, affirme une source très au fait du dossier.

Réactions aux propos tenus devant la commission Charbonneau

Un ingénieur de la firme Tecsult a par ailleurs raconté à la juge Charbonneau avoir remis 10 000 $ en argent comptant à Dominic Cayer en 2009, pour le compte du parti du maire François Cantin. Ce dernier avait réagi en suspendant son conseiller stratégique pour finalement le réintégrer dans ses fonctions quelques jours plus tard.

François Cantin avait expliqué avoir été convaincu par les explications de M. Cayer, qui admettait en effet avoir sollicité l'ingénieur en question pour diverses activités de financement, mais que ce dernier avait confondu les dons en commandites avec les contributions politiques.

Dominic Cayer se défend

Dominic Cayer a confirmé par voie de communiqué ce matin que ses entreprises étaient effectivement perquisitionnées.

Il affirme collaborer avec les enquêteurs et ne pas faire obstacle aux travaux de l'UPAC. M. Cayer a par ailleurs tenu à rassurer ses clients. «Nous serons en mesure de poursuivre nos mandats en cours et de livrer nos produits dans les meilleurs délais, et ce, au cours des prochaines heures».


- Avec la collaboration de Jean-Louis Fortin

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