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Le chef de la police de Longueuil répond aux critiques

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JEAN LARAMÉE/LE COURRIER DU SUD/AGENCE QMI

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«Entre paraître intelligent et résoudre un crime, je vais toujours préférer résoudre un crime», affirme le chef de la police de Longueuil Denis Desroches en réponse aux nombreuses critiques formulées contre son organisation.

Lors d'un entretien avec Le Journal au cours duquel il faisait le bilan de la dernière année, M. Desroches s'est montré rassurant, arguant que «Longueuil est une des grandes villes les plus sécuritaires en Amérique du Nord» grâce aux actions de ses policiers.

Mais la dernière année a été rude pour le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), qui a essuyé des salves répétées mettant en doute la qualité de son travail dans deux enquêtes médiatisées.

Le meurtre toujours non-résolu de Jenique Delcourt, le 21 octobre dernier, sur une piste cyclable, a provoqué son lot de critiques après que le principal suspect eut été relâché faute de preuve. Puis, la gestion de la scène de ce crime a été remise en question par la famille de la victime.

L'agression sexuelle aléguée de Carole Thomas, survenue quelques jours plus tôt non loin de là, a aussi fait couler de l'encre, les enquêteurs ayant tardé à faire analyser la trousse médico-légale.

En compagnie de son adjoint responsable des enquêtes Mario Plante, le directeur Desroches a tenu à remettre les pendules à l'heure publiquement pour la première fois.

Pas bâclée

Pour le chef, le travail sur les lieux du meurtre de Jenique Delcourt «est loin d'avoir été bâclé».

Comme l'enquête est toujours en cours, le directeur a préféré ne pas entrer dans tous les détails, notamment ceux relevant des stratégies d'enquête (voir textes ci-contre).

«On ne baissera pas les bras. Ça prendra le temps que ça prendra, mais on va avoir des résultats probants», insiste le directeur adjoint du SPAL, Mario Plante.

«Tous les homicides commis depuis 10 ans sur notre territoire ont été résolus et celui-là ne fera pas exception», ajoute le chef Desroches.

Agressions sexuelles

Par ailleurs, si les introductions par effraction, les vols de voitures et qualifiés, les méfaits et les fraudes ont tous diminué en 2014, les plaintes pour voies de fait et agressions sexuelles ont connu une hausse.

Une situation attribuable à un plus grand nombre de dénonciations, d’après le chef Desroches.

«Avec le dossier de (Jian) Ghomeshi et la sortie publique de plusieurs personalités, on voit une hausse des déclarations», dit-il.

Ce que le chef a dit sur...

  • Le suspect du meurtre de Jenique Delcourt relâché:

«Le fardeau de la preuve est extrêmement important dans un dossier d’homicide. On veut arrêter quelqu’un, qu’il soit accusé, et avoir une conclusion favorable devant les tribunaux», souligne le chef Desroches.

  • La scène de crime bâclée:

«On a passé plus de 24 heures sur la scène, avec plus de 30 policiers, des maîtres-chiens, des spécialistes de recherche terrestre, détaille le chef Desroches. On a sonné à 470 portes longeant la piste cyclable sur 1,5 km. On a rencontré 270 citoyens qui nous ont donné des informations.»

S’il est vrai que les enquêteurs ont dû retourner sur les lieux du meurtre c’était pour vérifier de nouvelles pistes.

Tout ce qui devait être récolté l’a été avant que la scène ne soit levée une première fois, précise Denis Desroches.

  • Le laxisme dans le dossier de l'agression présumée de Carole Thomas:

Le chef Desroches assure qu'il n'y a pas eu de négligence, même s'il admet que la trousse médico-légale a été envoyée au laboratoire tardivement.

Des changements ont été apportés à la suite d'une enquête interne sur cette affaire.

D’abord, les enquêteurs devront faire analyser immédiatement la trousse médico-légale, «comme ça a été fait dans la majorité des cas», note le directeur.

De plus, deux nouveaux enquêteurs seront affectés aux crimes sexuels. Enfin, un employé du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels travaillera depuis le poste de police pour référer les victimes d’agressions aux organismes dont elles pourraient avoir besoin.

  • L'enquête sur l'affaire Carole Thomas:

L'enquête sur l'agression sexuelle alléguée de Carole Thomas se poursuit toujours.​

Il y a quelques semaines, la présumée victime a été réinterrogée par les enquêteurs qui soupçonneraient une fausse déclaration de viol, avait confirmé sa soeur au Journal.

Aucune accusation n’a encore été déposée dans ce dossier et le chef Desroches a refusé de commenter.