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Fin de course et fuite en avant

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La course à la chefferie du Parti québécois qui s’achève ces semaines-ci n’aura pas été totalement dépourvue d’intérêt ni de quelques dramatiques rebondissements et spectaculaires conversions, mais elle n’aura certainement pas donné lieu à ce grand brassage d’idées et à cette véritable remise en question à laquelle était conviée la formation, après la dégelée d’avril 2014.

La course à la chefferie du Parti québécois qui s’achève ces semaines-ci n’aura pas été totalement dépourvue d’intérêt ni de quelques dramatiques rebondissements et spectaculaires conversions, mais elle n’aura certainement pas donné lieu à ce grand brassage d’idées et à cette véritable remise en question à laquelle était conviée la formation, après la dégelée d’avril 2014.

Peu d’idées

La majorité au Parti québécois semble considérer, un an plus tard, qu’il s’agit d’un accident de parcours (élections déclenchées trop rapidement et au mauvais moment, mauvaise mise en scène de l’arrivée de PKP, etc.) et non d’un problème structurel prenant sa source dans la désaffection des électeurs, visible à chaque rendez-vous électoral depuis 1998.

De sorte que ce que plusieurs ont considéré être la principale raison de la défaite de 2014, le flou référendaire, demeure. On consultera les membres sur le sujet six mois avant le scrutin, selon ce que Bernard Drainville a obtenu du meneur en échange de son ralliement prématuré, mais comment, sur quoi et avec quel effet, rien n’est clair. Ce qui est certain, cependant, c’est qu’on pellette le problème par en avant.

Du trio d’aspirants qui prenaient la parole pour présenter la chef qui allait démissionner le soir des élections, deux, Drainville et Lisée, sont tombés au combat, s’inclinant tour à tour devant la machine PKP. Le premier, quelques jours après avoir fait un lien indirect entre «messie», «mirage» et Péladeau; le deuxième, succombant aux blessures qu’il s’était infligées dès le départ en parlant de la fameuse «bombe à retardement» que constituerait la question de la propriété de la presse du même Péladeau.

Le nouvel aspirant no 1

Le véritable aspirant est venu d’ailleurs et il est le seul qui, aujourd’hui même, a le momentum. Alexandre Cloutier ne profite pas que de l’atténuation de l’effet PKP. Si «effet» il y a, c’est donc bien davantage un effet Cloutier ces jours-ci. Cette remontée est due à son discours sur la nécessité de changer et de renouveler en profondeur le PQ, un champ de ruines selon Jacques Parizeau, qui ne rejoint plus une majorité de jeunes et qui, à mon avis, ne joue plus son rôle par rapport à l’aile parlementaire.

Elle est aussi due à ses engagements concernant, notamment, l’éducation et le service civique pour les jeunes.

En plus, il présente une façon originale d’impliquer et de mobiliser les citoyens dans la démarche devant mener à l’indépendance, sans mettre en cause la responsabilité ultime des leaders indépendantistes.

Si on exclut Pierre Céré et Martine Ouellet, qui ont tous deux mené d’honnêtes campagnes, il faut le souligner, les militants du Parti québécois sont aujourd’hui confrontés à un choix entre deux visions assez diamétralement opposées.

L’une, celle d’Alexandre, qui se campe au centre gauche, l’autre, de Pierre Karl, au centre droit.

Sans qu’ils oublient l’un et l’autre que l’indépendance se produira le jour où toutes les voix indépendantistes, de gauche, de droite et du centre, s’additionneront.

Dans tous les cas, il faut espérer que le prochain chef saura habilement s’entourer. La tâche qui l’attend est titanesque et ne fait que commencer.

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