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Une Brittany Howard impressionnante

Une Brittany Howard impressionnante
Photo AFP

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Alabama Shakes est un quatuor qui tourne autour de la chanteuse Brittany Howard, imposante tant par sa prestance que par sa prestation.

Alabama Shakes ★★★½

Une Brittany Howard impressionnante
Photo courtoisie
Sound and Colour, ATO
 
Musicalement, c’est du Southern Fried classique, mais avec une touche britannique très années 60 dans les couleurs tonales, la clarté de la prise de son, le profil panoramique au mixage, à la manière de Sade dans les années 80.

Mais ce qui frappe le plus, c’est l’interprétation vocale de Brittany Howard. Une voix puissante, pure, tranchante, triomphante, perçante s’il le faut, mais jamais criarde, contrairement aux divas de la pop.

Il faut souligner qu’une chanson ressort du lot: Gimme all Your Love. On est soufflé dès les premiers couplets et à genoux, incrédule, à la fin.

Curiosité oblige, on consulte YouTube pour vicieusement douter d’une telle prestation en direct en rajoute une couche. On en ressort sonné, car c’est plus impressionnant encore de se faire jeter à la gueule la vraie nature de la soul, que l’artiste sache chanter et surtout l’exprimer avec ses tripes, sans aucune affectation, avec une authenticité indiscutable.

Pour les profanes, on peut situer Brittany Howard entre Sade et Adele, mais avec le panache de Janis Joplin, celui de Ball and Chain ou Summertime Blues. La différence, c’est la pureté, sans aucun abrasif, dans les crescendos. Rare, très rare.

Même chose pour l’exécution instrumentale, d’une économie et d’une finesse exceptionnelles. Pas de fausses notes ou de remplissage.

Par contre, toutes les chansons n’ont pas la flèche de Cupidon. Don’t Wanna Fight se classe bonne deuxième, mais certaines, dont Shoegaze, n’offrent pas le mur du son qui conviendrait, à la Oasis. Mais c’est bien peu de choses pour un groupe qui en est à son deuxième CD. La recommandation de la semaine.

Yelawolf ★★★½

Une Brittany Howard impressionnante
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Love Story, Universal

La réaction est forte devant le deuxième CD de Michael Wayne Atha. Moitié cherokee, moitié blanc, originaire d’Alabama, ayant galéré dès sa prime adolescence et accepté pour refuge les parcs publics de Gadsen à Berkeley, il se tourne vers le rap sur le tard. Influencé par Lil Wayne, puis soutenu ici par Eminem, il signe ce CD qui est un croisement qui a plus à voir avec Kid Rock et Everlast. Pratiquement toutes les pistes ont un enrobage musical assez accrocheur, insidieux, surtout dans l’emploi des cordes, entre blues, rock et rap. En fait, c’est toxique (Devil in My Veins). Les deux meilleures pistes sont signées Eminem, particulièrement Best Friend, qui fait paraître Yelawolf bien pâle. Le clip vaut le visionnement. La rime et le débit sont corrects, les accents captent l’attention et font sourire. Mais les textes sont farcis des clichés les plus courants, même pour le patriotisme (American You) et l’apitoiement sur la bouteille (Empty Bottles, Whiskey in a Bottle). Pas du niveau de Kendrick Lamar.

Zac Brown ★★

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Jekyll + Hyde, Republic

Zac Brown est l’artiste qui a connu l’ascension la plus fulgurante, des petits clubs aux tournées de stades cet été, et ce, en quelques années. Sa marque: un mélange subtil de southern rock et de country, avec une bonne dose de virtuosité et d’improvisation venue en ligne droite des Allman Brothers. Il s’est prêté de bonne grâce à toutes les expériences musicales et à des collaborations avec Alan Jackson, Dave Grohl et Kid Rock, et ce, en restant toujours affable et respectueux. Ce CD, contrairement à tous les autres, tire dans toutes les directions. De l’EDM (Beautiful Drug) au grunge (Heavy is the Head, avec Chris Cornell) et au swing jazz (Mango Tree, avec Sara Bareilles) à de la pop appalachienne (Young and Wild). Prise individuellement, chaque chanson est bien travaillée, mais on reste sur sa faim. Rien qui cogne et certaines qu’on oublie après la première écoute (Junkyard, Castaway). Décevant.

Jesse Cook ★★★★★

Une Brittany Howard impressionnante
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One World, E One

Vingt années d’une carrière au parcours irréprochable, sous le signe de la recherche et de l’innovation, entre nouveau flamenco et musiques du monde. Ce CD sous le signe de la composition est sans aucune virtuosité particulière à la guitare, si ce n’est le riche dialogue entre les instruments, particulièrement plusieurs types de violons et de violes ainsi que des percussions légères, jouées avec beaucoup de finesse; une leçon pour des batteurs. Le ton est généralement mélancolique (Once, Three Days) et mise sur les atmosphères. Une incursion dans un territoire nouveau: Tommy and Me, une improvisation avec Tommy Emmanuel sur fond de trip hop. Idem pour Steampunk Rickshaw. On entend même ce dernier exhaler sa satisfaction à la fin de l’enregistrement. Pour les fans. Ils sont nombreux au Québec à remplir les plus grandes salles pour l’écouter. Ce CD offre les compositions les plus subtiles qu’il ait jamais enregistrées et du plaisir pour l’oreille.


EN MAGASIN OU EN LIGNE MARDI

Mumford & Sons, Wilder Mind

My Morning Jacket, The Waterfall

Best Coast, California Nights

Black Rebel Motorcycle Club, Live in Paris

Django Django, Born Under Saturn

Booba,  D.U.C

Snoop Dogg, Bush

Joyeux Anniversaire, monsieur Dutronc, Hommage avec N. Sirkis, Cabrel et autres

Thomas Dutronc, Éternels jusqu’à demain

The Word, Soul Food