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De jeunes montréalaises originaires du Népal organisent une campagne de financement pour venir en aide à leur pays

Népal
Photo Le journal de Montréal, Camille Laurin-Desjardins Les jumelles Arya et Ayushi Parajuli, avec leur amie Aarsi Basinet. Les trois jeunes filles ont lancé une levée de fonds à leur école de Côte-des-Neiges, pour aider le Népal, ou leurs familles vivent toujours.

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«Nous sommes tristes pour notre mère-patrie. Nous nous inquiétons pour les enfants qui ont perdu leurs parents, les familles qui ont perdu leur toit, et nous sommes très touchées par les difficultés que vit le Népal», a dit courageusement la petite Arya, 8 ans, dans l’interphone de l’école, jeudi matin, pour encourager ses camarades à donner généreusement.

Arya Parajuli et sa sœur jumelle Ayushi sont arrivées au Québec quand elles avaient 5 ans. La majorité de leur famille vit toujours au Népal, dans la région de Katmandou. Tous se portent bien, mais elles sont conscientes que beaucoup n’ont pas eu cette chance, après le tremblement de terre qui a ravagé le pays, en fin de semaine dernière.

Aarsi Basinet, 9 ans, a quitté le Népal quand elle avait à peine 4 ans.

Les trois fillettes, qui fréquentent l’école anglophone Coronation, à Côte-des-Neiges, ont vu des images de leur pays dévasté, des gens qui ont besoin de nourriture, et ont décidé de lancer une campagne de financement pour aider leurs compatriotes népalais.

«Elles sont venues me voir toutes les trois lundi matin, elles voulaient me parler de quelque chose de sérieux, raconte la directrice de l’école, Joanna Genovezos. Elles voulaient faire quelque chose, ramasser de l’argent pour le Népal.»

Environ une fois par mois, les élèves ont le droit d’abandonner leur uniforme scolaire et de se vêtir comme ils veulent, à condition de faire un don pour un organisme de bienfaisance.

Vendredi, les enfants de l’école Coronation devront donc faire un don d’au moins 2$, qui sera ensuite remis à la Croix-Rouge, explique Mme Genovezos.

«J’ai été tellement touchée qu’elles aient voulu faire ça par elles-mêmes, que ça ne vienne pas de l’école ou de leurs parents !»

Jeudi matin, les jeunes filles ont passé leur message à travers l’interphone de l’école, et se sont ensuite promenées dans les classes pour sensibiliser les élèves et répondre à leurs questions.

Souvenirs du Népal

Aarsi se rappelle surtout les fleurs, et la beauté de la nature de son pays natal. «Je me souviens que ma mère m’emmenait dans un magasin après l’école et on prenait un popsicle à la noix de coco», raconte-t-elle.

Ayushi, elle, se rappelle d’un temple où elle allait souvent.

«Il était assez petit, et n’avait pas de toit. Il était tout près de ma maison et de mon école.»

Mais les fillettes ignorent si tous ces bâtiments sont encore existants, après le puissant séisme de samedi.

Elles ont passé la fin de semaine à s’inquiéter pour leur famille, alors que leurs parents attendaient des coups de téléphone.

«Au début, quand on n’arrivait pas à rejoindre les parents de ma mère, j’ai eu peur qu’ils soient morts, eux aussi», dit Arya.

Finalement, sa famille avait dormi dans une auto. Près de 20 personnes s’étaient réunies dans le garage de ses grands-parents pour y passer la nuit.

«Ils avaient peur de retourner chez eux. Il pleuvait, et ils n’avaient pas de parapluie ou d’imperméable», explique sa sœur Ayushi.

Elles espèrent que leurs camarades seront généreux et que l’argent qu’elles amasseront pourront aider les Népalais à se remettre sur pied.

«J’ai vu des gens qui se battaient pour de la nourriture, d’autres qui mangeaient de l’herbe parce qu’ils n’avaient rien d’autre», dit Aarsi.

«Même les magasins sont brisés, alors comment ils peuvent acheter des choses ? ajoute Arya. Nous devons leur envoyer des vêtements et de la nourriture.»