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Hommage aux bas salariés

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La hausse du salaire minimum est la mesure positive la plus efficace pour pousser sur le marché du travail des assistés sociaux aptes au travail.

La hausse du salaire minimum est la mesure positive la plus efficace pour pousser sur le marché du travail des assistés sociaux aptes au travail.

Le salaire minimum au Québec passe aujourd’hui de 10,35 $ à 10,55 $ l’heure et de 8,90 $ à 9,10 $ pour les travailleurs à pourboire. Le Québec demeure dans la moyenne canadienne. Celui-ci varie entre 10,20 $ et 11,00 $ (Ontario) selon les provinces. Il faut toutefois prendre en considération les nombreux avantages marginaux attachés aux prestations d’aide sociale, devenus intouchables et qui relèvent l’attrait pour ce mode de vie (aide au logement, soins dentaires, lunettes, aide juridique, etc.)

Toutes les études sur la question ont démontré qu’il fallait creuser l’écart entre le niveau de vie assuré aux prestataires de l’aide sociale et celui que permet un travail au salaire minimum.

L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) a publié cette semaine une « note économique » préconisant de hausser le salaire minimum à 14, 25 $ l’heure, une majoration de 3,70 $. Ce serait complètement fou. Le salaire minimum est la référence de base pour une multitude d’autres emplois. Une décision de ce genre déclencherait une escalade vertigineuse des salaires pour tous les emplois rémunérés au-dessus du salaire minimum, disqualifierait le Québec par rapport à des concurrents et engendrerait une spirale inflationniste.

Effet marginal

Il ne faut par contre pas s’émouvoir des cris d’alarme poussés par certains porte-parole patronaux depuis l’annonce d’une hausse de 20 cents l’heure aujourd’hui. C’est la même chanson chaque année à la veille du 1er mai.

L’effet réel sur les prix à la consommation pour l’ensemble des citoyens est marginal. L’augmentation salariale pour le commis de votre dépanneur du coin sera de 1,60 $ pour un quart de travail de huit heures. Les emplois au salaire minimum sont par ailleurs concentrés en forte proportion dans des secteurs d’activités économiques au Québec qui ne sont pas très exposés à la concurrence extérieure. Nous ne sommes plus là. Les grandes usines de « cheap labor » dans le textile, le vêtement de bas de gamme, pour ne citer que ces exemples, n’existent plus. Le Québec a été sorti de ces marchés depuis longtemps par les pays émergents. Nous devons même avoir recours à de la main-d’œuvre étrangère pour assurer la survie de notre production agricole.

300 000 courageux

Plusieurs emplois au salaire minimum sont occupés par des étudiants, des femmes, des personnes peu scolarisées, mais qui ont tous en commun d’avoir le courage et assez d’orgueil pour ne pas dépendre totalement des autres. Ces quelque 300 000 personnes méritent des signaux collectifs de reconnaissance de leur sens des responsabilités. L’économie québécoise aurait même très bien composé, à mon humble avis, avec un salaire minimum porté à 11 $, compte tenu des retombées positives que cela aurait eu.

En permanence, de nombreux emplois sont disponibles, notamment dans le commerce de détail, dans la restauration, dans l’entretien ménager et autres. Les rendre plus attrayants aurait à coup sûr un impact à la baisse sur le nombre de prestataires de l’aide sociale aptes au travail.

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