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L'armée n'est pas une caste

Tom Lawson
Photo Archives / Agence QMI

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Les réactions de l’état major des Forces armées canadiennes à la suite du dépôt du rapport de l’ancienne juge de la Cour suprême, Marie Deschamps, au sujet de la violence sexuelle au sein de l’armée sont fort révélatrices.

Le chef d’état- major, le général Lawson, n’a pas présenté d’excuse, préférant affirmer que les pratiques décrites par la juge n’ont pas leur place au sein des Forces armées canadiennes. Il aurait été surprenant qu’il ait affirmé le contraire! On peut se demander toutefois pourquoi le général ne s’est pas attaqué à ce problème auparavant puisque chaque année 178 plaintes pour agressions sexuelles sont déposées? L’état-major a donc fermé les yeux sur la situation qui régnait depuis longtemps au sein des Forces armées canadiennes et le moins auquel on pouvait s’attendre aurait été que le général s’excuse au nom des Forces armées canadiennes. Son refus de le faire témoigne d’un profond mépris envers les femmes et d’une confusion totale quant aux fonctions qu’il occupe : il est le chef d’état-major des Forces armées canadiennes et non le dirigeant d’une caste supérieure.

L’état-major n’acquiesce pas non plus à la proposition faite par la juge quant à la création « d’un centre indépendant de responsabilité en matière de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle». Le général Lawson estime que « Nous(les Forces armées) avons des modèles avec la police militaire et le système de justice militaire. Il y a un système avec un degré d’indépendance». En d’autres mots, le général refuse que ce centre existe à l’extérieur des Forces armées canadiennes. Le « degré d’indépendance» dont parle le général est sûrement l’indépendance avec laquelle se coiffe la justice militaire quant aux lois qui régissent l’ensemble de la société. Toute personne qui dans la société «civile» aurait utilisé dans un milieu de travail une expression telle celle «à un  poil de plotte près» pour parler d’une unité de mesure, aurait été réprimandée, mais ce n’est pas le cas dans le «système de justice militaire».

La justice militaire ne devrait s’occuper que des accusations portées en fonction des responsabilités strictement militaires. Toute accusation relevant des codes civil et criminel pour des gestes posés n’ayant aucune spécificité de nature militaire devrait portée devant les cours de justice relevant des provinces et du fédéral.

Il est grandement temps que les Forces armées canadiennes cessent de se comporter comme une caste , tout comme il est urgent que son état-major comprenne que les lois en vigueur dans notre société doivent être appliquées dans les Forces armées et que les militaires soient soumis aux mêmes tribunaux que tout citoyen, sauf pour les choses proprement d’ordre militaire.