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«Des têtes devraient rouler à la SAQ pour ce gaspillage»

Une analyste estime que le coût de la consigne est bien moindre que celui avancé

Usine de verre Owens-Illinois
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin Consigner les bouteilles permettrait de fabriquer de nouveaux contenants en verre, comme c’est le cas à l’usine Owens-Illinois.

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En avançant que la consigne des bouteilles de vin coûterait 250 M$, la SAQ s’est couverte de ridicule, dénonce une analyste de renommée internationale qui accuse le monopole d’État de gaspiller l’argent des contribuables.

En avançant que la consigne des bouteilles de vin coûterait 250 M$, la SAQ s’est couverte de ridicule, dénonce une analyste de renommée internationale qui accuse le monopole d’État de gaspiller l’argent des contribuables.

«La SAQ utilise des fonds publics afin de payer des consultants pour faire n’importe quoi. Des têtes devraient rouler pour ce gaspillage», estime Clarissa Morawski, directrice de la firme CM Consulting, à Toronto.

Clarissa Morawski, directrice de la firme CM Consulting.
Photo Courtoisie
Clarissa Morawski, directrice de la firme CM Consulting.

Installer des machines de récupération du verre en succursales coûterait au plus 16 M$, calcule-t-elle. Une somme largement compensée par les 25 M$ que la SAQ a facturé en 2014 à coup de 10 cents la bouteille en frais de «collecte sélective», comme le révélait Le Journal cette semaine.

Mais la SAQ a exclu d’emblée le scénario du retour en succursales, indique le porte-parole de la société d’État Jean-Vincent Lacroix, car cette option serait trop coûteuse.

Retour en succursales

M. Lacroix explique que le retour en boutique obligerait la SAQ à louer davantage d’espaces pour l’entreposage, ce qui coûterait plus cher que de construire des points de dépôt indépendants.

Le porte-parole n’avait toutefois pas de chiffres à fournir à ce sujet puisqu’aucune étude n’a fait une analyse détaillée de cette option, admet-il.

Le Syndicat des employés de magasin et de bureau de la SAQ (SEMB-SAQ) est pour sa part convaincu que «le retour en succursales est non seulement possible, mais n’entraverait pas la bonne marche des opérations».

«Si les dépanneurs ont réussi, malgré leur taille, à gérer les contenants qu’ils vendent, la SAQ peut en faire autant», écrit le syndicat dans un rapport du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.

Des millions à la poubelle

Pour Mme Morawski, il s’agit de la solution la plus simple, la plus efficace et la moins coûteuse. La Colombie-Britannique l’utilise d’ailleurs avec succès depuis des années.

L’experte, qui travaille actuellement à des projets de consigne en Europe, ajoute que cette méthode se traduit partout en bénéfices pour les contribuables.

En Ontario, par exemple, les villes ont réussi à économiser 10 M$ par an grâce à la consigne puisqu’elles n’ont plus à payer pour la gestion du verre.

Au lieu de cela, au Québec, «les citoyens paient pour envoyer une matière de grande valeur au dépotoir», se désole Mme Morawski.

 

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