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Les agents de la paix en milieu carcéral crient au secours

Au Centre de détention de Québec, les cas de détresse psychologique sont légion

Mathieu Lavoie est président du Syndicat des agents de la paix.
Photo Agence QMI, Roger Gagnon Mathieu Lavoie est président du Syndicat des agents de la paix.

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Au Centre de détention de Québec, les absences pour maladie, en particulier celles liées à la détresse psychologique, sont en hausse depuis deux ans chez les agents de la paix.

«On sait qu’on ne travaille pas chez Laura Secord et qu’on vit dans un milieu de travail difficile. On décroche des pendus; on ne sait jamais à quelle heure nous allons finir notre journée. On peut entrer à 7 h et ressortir du centre à 2 h du matin parce qu’un détenu a pété une coche», témoigne un agent de la paix, qui a demandé à garder l’anonymat.

Les chiffres fournis par le ministère de la Sécurité publique montrent que le taux d’absentéisme est passé de 4,48 %, en 2012-2013, à 5,76 % d’avril à octobre 2014.

«La détresse psychologique est la première cause d’absentéisme chez les agents de la paix des services correctionnels. À une certaine époque, c’était tabou de parler de cela. Ce que le public voit dans la série Unité 9, ce n’est pas la réalité qui se vit à l’intérieur des murs», signale le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie.

Manque de reconnaissance

Ce syndicat provincial montre du doigt le manque de reconnaissance de ce corps d’emploi qui fait en sorte que les agents ne sentent pas valorisés. «C’est là-dessus qu’on essaie d’axer nos interventions, afin de mieux expliquer à la population c’est quoi notre emploi. Nous sommes un élément souvent oublié du système judiciaire», constate M. Lavoie.

Les agents de la paix en milieu carcéral reçoivent des menaces de façon assez courante, souligne-t-il. «Nous travaillons dans un milieu fermé qui peut être oppressant.»

Surpopulation chronique

«Nous devons composer 240 jours par an avec la réalité du crime organisé, des détenus qui ont des problèmes de santé mentale, la surpopulation chronique. C’est une boîte à surprise, car on ne sait pas quel événement va survenir», illustre M. Lavoie.

Il se demande également si on ne devrait pas affiner le processus de sélection des agents en services correctionnels, afin de s’assurer que les candidats ont le bon profil pour l’emploi. «Depuis 2010, le programme de formation a évolué, mais il y a encore du travail à faire», observe M. Lavoie.


Travailleurs exposés à des risques psychosociaux

  • Deux fois plus de risques dedétressepsychologique
  • 18 000 $ en moyenne par arrêt de travail pour santé mentale
  • Absences deux fois plus coûteuses que celles pour une maladie physique
  • De 1,5 à 4 fois plus de risques de troubles musculo-squelettiques
  • De 2 à 2,5 fois plus de risques de mortalité cardiovasculaire

Source: Institut national de santé publique du Québec