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Montréal, dernier refuge de l’humanité engloutie?

La métropole québécoise serait épargnée par la fonte accélérée des glaciers

Michel Lamothe se rend régulièrement à la frontière du Yukon et de la Colombie-Britannique pour étudier la fonte des glaces.
Photo courtoisie Michel Lamothe se rend régulièrement à la frontière du Yukon et de la Colombie-Britannique pour étudier la fonte des glaces.

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Montréal pourrait devenir l’une des dernières villes à garder les pieds au sec, si rien n’est fait pour ralentir la fonte des glaciers qui provoque une hausse accélérée du niveau des mers.

 

«Le niveau des mers va augmenter de 60 à 80 cm d’ici le prochain siècle. C’est énorme», prévient le Pr Michel Lamothe, spécialiste de l’histoire des grandes glaciations. Déjà, des îles entières du Pacifique sont en train de disparaître.

«Il y aura des conséquences catastrophiques, autant humaines qu’économiques.» –Pr Michel Lamothe

Et si rien n’est fait pour ralentir le réchauffement climatique, l’eau continuera de grimper jusqu’à huit mètres au-dessus de son niveau actuel, d’après les différentes études consacrées à la fonte accélérée des calottes glaciaires

Selon ce scénario, New York, Shanghai, Miami, Amsterdam, Hambourg ou encore Los Angeles seraient englouties. À Montréal, par contre, «on serait protégé», indique le chercheur de l’UQAM qui donnera une conférence publique à ce sujet aujourd’hui.

Altitude

Le Pr Lamothe explique que, contrairement à ses voisines du Sud, la métropole québécoise est à une altitude moyenne de 10 m au-dessus du niveau de la mer.

De plus, dans la vallée du Saint-Laurent, la croûte terrestre remonte de quelques millimètres par an, ce qui compense l’augmentation du niveau de l’eau.

Ce phénomène est une conséquence de la disparition de la masse glaciaire qui recouvrait la région il y a plus de 18 000 ans. La croûte terrestre s’est affaissée sous le poids de la glace et la fonte a permis le redressement qui se poursuit encore.

Cycle de glaciation

Ce n’est pas, en effet, la première fois que la Terre vit un grand dégel. Cette fois, par contre, le réchauffement est si rapide que la fonte des glaces est accélérée, laissant peu de temps à l’adaptation.

«Il y aura des conséquences catastrophiques, autant humaines qu’éco­nomiques», insiste le Pr Lamothe.

Si une part du réchauffement climatique est irréversible, l’humanité pourrait cependant ralentir le processus en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre, souligne le scientifique. On éviterait ainsi la catastrophe annoncée.

Michel Lamothe donnera une conférence aujourd’hui à 15 h au Palais des congrès, intitulée: «Fonte des calottes glaciaires et relèvement du niveau de la mer: les archives géologiques, du Québec à l’Australie».


La hausse du niveau de la mer en chiffres

  • 3,2 mm Hausse moyenne annuelle du niveau de la mer depuis 1993
  • 1,8 m Augmentation globale prévue d’ici 2100
  • 150 millions d’humains vivent à un mètre du niveau de la mer
  • 600 millions vivent à moins de 10 m
  • La fonte des glaciers du Groenland est l’une des causes les plus importantes de la hausse du niveau de la mer observée ces 20 dernières années.
 

 

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