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L’étoffe d’un futur chef

L’étoffe d’un futur chef
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Après le vote au PQ, le nouveau leader entamera un travail de longue haleine, mais, dans l’immédiat, ceux qui s’inclineront auront une tâche tout aussi délicate. Le gagnant ne sera pas le seul à devoir démontrer qu’il a l’étoffe d’un chef.

Après le vote au PQ, le nouveau leader entamera un travail de longue haleine, mais, dans l’immédiat, ceux qui s’inclineront auront une tâche tout aussi délicate. Le gagnant ne sera pas le seul à devoir démontrer qu’il a l’étoffe d’un chef.

Dans quelques jours, les membres du Parti québécois auront voté et on annoncera, probablement sans surprise, la victoire de Pierre Karl Péladeau. Tous les yeux seront tournés vers lui. Le défi qui l’attend est énorme.

S’ils ont le moindre souci pour leur avenir politique, les candidats défaits devront convaincre ces « ennemis jurés » de se rallier au nouveau chef.

La dure tâche de reconstruction s’étalera sur trois ans et le test de son succès sera la prochaine élection, qu’il devra remporter de façon convaincante. Il n’aura pas de deuxième chance. Il le sait.

Bref, PKP a devant lui trois longues années, mais il n’est pas inconcevable qu’on lui accorde une très brève lune de miel. Les perdants n’auront pas ce luxe. Ils auront un rôle énorme à jouer dès l’annonce des résultats.

L’art délicat de concéder la défaite

C’est bien connu, la victoire est plus facile à gérer et à digérer que la défaite. Faut-il rappeler le discours de concession catastrophique de Jacques Parizeau le soir du 30 octobre 1995?

Les vaincus qui voient loin en avant savent que leur avenir politique dépend largement de leur capacité de rallier leurs supporters déçus au parti dès la défaite. On se souviendra du discours de concession passionné d’Hillary Clinton après les primaires de 2008 et de ses efforts pour masquer le fossé entre elle et son rival. Elle récolte aujourd’hui les fruits de la stratégie mise en branle dès qu’elle a réalisé sa défaite.

La tâche de Clinton était facilitée par l’image conciliante de Barack Obama, mais Pierre Karl Péladeau, malgré tous ses efforts, reste une figure polarisante, tant adoré par ses partisans inconditionnels que détesté par plusieurs détracteurs.

Le leadership des vaincus

Les adversaires de PKP ont largement exploité la polarisation qui l’entoure pour engranger des appuis parmi ceux qui souhaitent lui faire obstacle à tout prix. Le parti est vulnérable à l’exode des membres qui ont promis de déchirer leur carte si PKP l’emporte, sans parler des sympathisants qui ont promis de voter ailleurs ou des syndicats qui menacent de larguer le PQ.

Évidemment, les tenants de la gauche pure et dure qui appuient Martine Ouellet ou Pierre Céré sont braqués contre PKP. C’est aussi le cas de beaucoup de partisans d’Alexandre Cloutier, qui sont attirés par son nationalisme d’ouverture et sa capacité présumée de rallier les jeunes au PQ. Que feront-ils lorsque l’inévitable se produira?

S’ils ont le moindre souci pour leur avenir politique, les candidats défaits devront convaincre ces «ennemis jurés» de se rallier au nouveau chef, tout en leur donnant l’assurance que leurs voix seront entendues dans le nouveau PQ. C’est un rôle qui incombe avant tout aux candidats défaits.

La tâche sera particulièrement cruciale pour Alexandre Cloutier, qui a montré qu’il peut avoir un brillant avenir politique devant lui. Une large part de cet avenir se jouera immédiatement après le dévoilement des résultats (et même avant), alors qu’il faudra prévenir l’exode de ceux qui entretiennent de sérieux doutes sur le nouveau chef.

S’il a vraiment l’étoffe d’un futur chef, le deuxième dans la course devra faire preuve d’autant de leadership que le vainqueur.

 

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