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Rapport tabletté: C'est de la faute à personne!

Rapport tabletté: C'est de la faute à personne!
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Pas moyen de savoir pourquoi Québec a tabletté le plan qui visait à économiser 200 M$ par année et sortir du bordel informatique. Les libéraux disent que c’est le Parti québécois qui l’a mis de côté lorsqu’il était au pouvoir et le PQ dit n’en avoir jamais entendu parler.

Pas moyen de savoir pourquoi Québec a tabletté le plan qui visait à économiser 200 M$ par année et sortir du bordel informatique. Les libéraux disent que c’est le Parti québécois qui l’a mis de côté lorsqu’il était au pouvoir et le PQ dit n’en avoir jamais entendu parler.

Étrangement, personne ne se dit responsable de cet échec. Cette séance de «à qui la faute» survient après que notre Bureau d’enquête eut révélé lundi que le gouvernement libéral a, en 2012, payé des millions de dollars afin de confectionner un plan de match en informatique. Mais le plan n’existe plus.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, «garantit» cependant que son gouvernement va agir «même si le gouvernement antérieur (PQ) a tabletté la stratégie».

Coiteux promet d'agir

M. Coiteux entend même proposer une stratégie «plus costaude» et «plus actualisée aux réalités de 2015». Le tout sera annoncé durant l’été. Il assure ne pas vouloir «jeter le bébé avec l’eau du bain» et continuer de récupérer des éléments du plan lancé en 2012, a expliqué l’attachée de presse de M. Coiteux, Marie-Éve Labranche.

La PQ se défend d’être responsable de l’échec et soutient que le plan n’a jamais été présenté à Stéphane Bédard lorsqu’il était président du Conseil du trésor. Le PQ juge d’ailleurs étonnant que les libéraux n’aient jamais parlé de ce plan lorsqu’il formait l’opposition officielle.

Comme quoi ce rapport, pourtant majeur pour le portefeuille des contribuables, ne semblait pas susciter beaucoup d’intérêt chez les dirigeants de la province.

Pour sa part, le député de la Coalition avenir Québec Éric Caire «n’en revient pas».

«Les recommandations sont connues depuis 2012, mais là, à chaque fois qu’il y a un nouveau ministre, on demande des nouveaux rapports avec des nouveaux comités qui en viennent aux mêmes conclusions. Le gouvernement nous maintient dans une boucle d’inaction sans fin», fustige-t-il.

«C’est pour ça que rien n’a bougé! C’est de la gestion à court terme au lieu de voir les gains à moyen et long terme [...]Au lieu de toujours commander des rapports qui vont juste nous répéter les mêmes évidences, travaillons et avançons. Il faut sortir de la maudite boucle».

Khadir craint les lobbys

Le député de Québec solidaire, Amir Kadhir voulait aussi réagir. «On ne veut pas qu’ils [partis] se transfèrent la faute. On veut que ça bouge et qu’on soit capable d’aboutir», regrette celui qui revendique une enquête publique sur les dépenses informatiques.

«Je soupçonne que là, comme ailleurs, c’est le poids des lobbys qui nous empêche d’avancer», s’est-il interrogé, ajoutant que les économies du gouvernement seraient plus importantes en informatique que dans d’autres restrictions budgétaires annoncées.

«Ce ne sont pas quelques petits changements que ça prend, mais un changement de paradigme», poursuit-il, dénonçant que Martin Coiteux procède à son ménage la porte close. «Il faut que le gouvernement ouvre le jeu. Un ménage public permettrait de nous exposer là où on s’est fait avoir. Cela aurait été la moindre des choses pour un gouvernement qui dit vouloir prôner la transparence».

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