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Le parcours sinueux de Michel Therrien

CANADIENS THEODORE SHAKES HANDS WITH COACH THERRIEN
Photo d'archives

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Le chemin qui a mené Michel Therrien jusqu’où il est aujourd’hui n’a pas été de tout repos. C’est à livre ouvert que le pilote de la Sainte-Flanelle s’est confié à l’équipe de Sportsnet dans un restaurant de la rue Ste-Catherine, à Montréal.

«Quand j’étais un jeune garçon, mon but n’était pas d’être Scotty Bowman. Mon but était d’être Larry Robinson», lance d’emblée Therrien.

Il sera désillusionné rapidement. À la suite son parcours junior de quatre ans dans la LHJMQ, le défenseur voyage dans ses valises, disputant quelques saisons ici et là dans Ligue américaine dont une avec les Canadiens de Sherbrooke, la filière du Canadien de Montréal.

À l’opposé du «Big Bird», il n’atteindra jamais la LNH.

 

Des débuts modestes

Avant d’amorcer sa fructueuse carrière d’entraîneur, Therrien enchaîne les emplois.

Tout en occupant la fonction de monteur de ligne chez Bell, il se déniche un «sideline» hors du commun.

La fin de semaine, il empoche quelques dollars comme garde du corps pour son bon ami et ex-coéquipier, Roch Voisine.

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«J’ai joué avec Roch Voisine chez les Remparts de Québec. Nous sommes toujours restés en contact, lance-t-il avec un sourire en coin. Lorsqu’il est devenu une grande vedette, il avait besoin d’un gars pour la sécurité.

Montréal, chapitre 1

Âgé de 32 ans, le Québécois met la main sur la coupe Memorial avec les Prédateurs de Granby à sa troisième saison derrière le banc d’une équipe du circuit Courteau.

Papa de deux enfants et nouvellement marié, sa vie prend un tout autre tournant lorsqu’il reçoit un coup de fil des hautes sphères du Canadien.

«Ma première fois à Montréal, c’était comme aller à Harvard. Tu apprends tellement. En tant qu’entraîneur, le meilleur endroit pour apprendre c'est ici.»

Porter le chapeau d’entraîneur du Bleu-Blanc-Rouge n’est pas une mince tâche. Et il l’apprend à ses dépens.

Entraîneur au tempérament parfois bouillant, il reconnaît que ses quelques prises de bec avec les membres des médias ne l’ont pas aidé à occuper l’emploi le plus difficile dans la métropole.

«On a affaire à deux marchés: le francophone et l'anglophone. Je comprends aujourd’hui que parler aux médias, c’était une façon de communiquer aux partisans. Quand j’étais plus jeune, je les voyais plus comme une confrontation.»

Après deux saisons et demie en dents de scie à la barre de l’équipe, le pilote se voit toutefois montrer la porte de sortie. 

De retour à la case départ

Ses problèmes professionnels se transposent également dans sa vie personnelle. Therrien divorce.

«Pour moi, la chose la plus importante, peu importe l’emploi, ce sont mes enfants et ma famille.»

Si tout semble s’écrouler autour de lui, il retrouve une lueur d’espoir lorsqu’il reçoit un appel de Craig Patrick, directeur général des Penguins de Pittsburgh.

Patrick lui offre alors le poste d’entraîneur-chef avec les Penguins de... Wilkes-Barre.

Il prend alors le chemin de la Pennsylvanie en compagnie de ses deux enfants, Élizabeth et Charles, où il dirigera Wilkes-Barre pendant deux saisons et demie avant d’être promu au titre d’entraîneur-chef des Penguins de... Pittsburgh!

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En 2008, il mène même l’équipe à une participation à la grande finale du tournoi printanier contre les Red Wings de Detroit. Pittsburgh s’inclinera en six rencontres.

Si tout semble beau à l’horizon, le natif de Montréal sera rapidement ramené sur terre.

L’année suivante, l’équipe connaît un long passage à vide et le Québécois se voit de nouveau remercié de ses services. L’équipe embauche Dan Bylsma pour le remplacer et remporte les grands honneurs quelques mois plus tard.

«Ce fut le moment le plus difficile de ma carrière. J’étais heureux pour les gars qu’ils deviennent champions de la coupe Stanley. J’ai senti que j’avais gagné un petit morceau de ce trophée», raconte-t-il.

Montréal, chapitre 2

À quelques exceptions près, il est assez rare de voir un entraîneur se faire offrir une deuxième chance avec la même équipe.

En 2012, le nouveau directeur général de l’équipe, Marc Bergevin, prend le pari d’offrir de nouveau les rênes de l’équipe à Michel Therrien.

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Bergevin n’a d’ailleurs jamais douté à prendre cette décision.

«Je croyais qu’il [Therrien] était le bon gars pour le poste, avance Bergevin. Quand on regarde tout ce qu’il a accompli, c’est difficile d’affirmer que Michel Therrien n’est pas un bon entraîneur avec le Canadien de Montréal.»

Pour sa part, Therrien aimerait bien être de la partie lorsque le Canadien remportera sa prochaine coupe Stanley.

«Est-ce que ça va être cette année ou l’an prochain? Je ne le sais pas. Je ne peux pas le promettre. La seule chose que je sais c’est qu’on travaille très fort pour ramener la coupe à Montréal», conclut-il.