/opinion/columnists
Navigation

PKP est-il un bon gars?

En politique, ta personnalité est ton programme.
Photo d'archives En politique, ta personnalité est ton programme.

Coup d'oeil sur cet article

Quand j’ai appris que Pierre Karl Péladeau s’en allait en politique, je me suis dit : « Aïe, aïe, aïe ! Sait-il dans quoi il s’embarque ?

Quand j’ai appris que Pierre Karl Péladeau s’en allait en politique, je me suis dit : « Aïe, aïe, aïe ! Sait-il dans quoi il s’embarque ?

«S’il pense que les couteaux volent bas dans le milieu des affaires, il n’a encore rien vu...»

Non seulement les couteaux que tu reçois dans le dos sont-ils très aiguisés, quand tu fais de la politique, mais ils viennent de partout, même de ton propre camp.

Surtout au PQ!

MONTRES-MOI LES CHIFFRES

Dans le monde des affaires, on se fout de ton caractère et de ta personnalité. Il n’y a qu’une chose qui compte : les chiffres.

Si la valeur de tes actions grimpe, tu es un bon homme d’affaires. Si elle chute, tu es un mauvais homme d’affaires.

That’s it, that’s all.

Ta cote dépend des profits que tu as réussi à engranger au dernier trimestre.

Que tu sois gentil, affable, impatient, irascible, drôle ou fendant, tout le monde s’en balance.

La question est : «A-t-il fait la job, oui ou non?»

On ne veut pas être ton ami — on veut être ton actionnaire, ton banquier, ton fournisseur ou ton client.

Bon, c’est sûr, si tu mets tes employés en lock-out, tu vas avoir le monde syndical à dos. Mais en général, les gens (surtout tes pairs) vont te juger à la lumière de tes résultats.

Le gars crée-t-il de l’emploi ou non? Son entreprise grossit-elle ou pas?

Les produits qu’il vend et les services qu’il offre sont-ils appréciés?

Ta carte de visite, c’est ta marque, ton entreprise. Ta business.

ACHETEZ PKP !

Alors que dans le monde de la politique, c’est le contraire.

Les gens n’achètent pas tes produits, ni même tes idées.

Ils t’achètent TOI.

Ce n’est pas tant ce que tu dis qui est important, que la façon dont tu le dis et la manière dont tu te comportes.

Ta personnalité n’est pas une des nombreuses composantes de ton programme. C’est TON programme.

Voici ce qu’est en train d’apprendre Pierre Karl Péladeau : quand tu te présentes pour devenir le nouveau leader du Québec, tu es toujours sous les feux de la rampe.

On ne s’intéressera pas seulement à ce que tu dis en Chambre. On va aussi s’intéresser à ce que tu dis au resto, aux toilettes et dans les salles de spectacles.

Surtout lorsque tu ouvres toutes grandes les portes de ta vie privée sur Facebook!

Plus tu publies des photos intimes sur Facebook, plus on va s’intéresser à ton intimité.

Après tout, c’est toi qui invites les gens à entrer dans ton salon, non?

LES ORDRES

Pierre Céré dit-il la vérité lorsqu’il affirme que Pierre Karl Péladeau l’a insulté et injurié?

Difficile à dire. Le gars avance un truc, puis se ravise.

Une chose est sûre, cependant : dans le monde des affaires, on s’attend à ce que tu donnes des ordres.

Alors que dans le monde politique, on s’attend à ce que tu rallies les gens, que tu les courtises, que tu les séduises.

Les règles ne sont pas les mêmes.

Ce qui fonctionnait dans le milieu des affaires ne fonctionne pas nécessairement dans celui de la politique...