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Passionnés et colériques

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Les entrepreneurs et les leaders politiques réformateurs sont presque toujours dotés d’un caractère bien trempé. Ce sont des passionnés. Pierre Karl Péladeau est tout simplement de cette race de gens.

Les entrepreneurs et les leaders politiques réformateurs sont presque toujours dotés d’un caractère bien trempé. Ce sont des passionnés. Pierre Karl Péladeau est tout simplement de cette race de gens.

Les mouches du coche, Pierre Céré et Martine Ouellet, jouent pour dernière carte le volet abrasif de sa personnalité, face à ceux qui lui mettent des bâtons dans les roues. Ils ont raison; PKP ne se laisse pas enfarger.

Un trait commun

Tous les premiers ministres depuis Maurice Duplessis au milieu des années 1950, qui ont exercé le pouvoir suffisamment longtemps pour laisser des traces, avaient en commun d’avoir beaucoup de tempérament. Seule exception, Robert Bourassa, à qui l’on reproche encore son manque d’épine dorsale, 20 ans après sa mort. Devant un mur, il préférait creuser un tunnel plutôt que de l’abattre.

Les colères de Duplessis et de Jean Lesage étaient très craintes.

René Lévesque avait de ces sautes d’humeur... J’en ai provoqué une en entrevue en 1984 en lui lançant après son «beau risque» avec Brian Mulroney, qu’il n’y aurait pas de véritable différence entre le PQ et le Parti libéral de Robert Bourassa à l’élection suivante. Je conserve précieusement une photo qui immortalise sa réaction!

Les impatiences et les colères de Lucien Bouchard en font encore frémir plusieurs, ou le font rire lorsque c’est Jean Lapierre qui se les remémore.

Je me suis fait engueuler par Bernard Landry à deux reprises. Une fois, en personne, dans le hall de l’hôtel Hilton à Québec. J’espérais de tout cœur que ses gardes du corps me protégeraient du premier ministre, tellement il était furieux. La seconde fois, au téléphone, son appel avait débuté ainsi: «Jean-Jacques, Bernard Landry, premier ministre du Québec.»

Je savais que ce serait ma fête et ce le fut. Jamais cependant je ne m’étais fait enguirlander en termes aussi choisis. Ce souvenir demeure aussi ineffaçable.

Jean Charest est un sanguin. Quand la colère monte, le sang afflue au visage. Ceux qui l’ont attaqué sur son intégrité personnelle ont goûté à sa médecine. Pire, le député qui a touché à un cheveu de sa conjointe, Michèle Michou Dionne, bénévole à la Croix-Rouge, a déclenché une véritable rage.

Dans une montée de colère, M. Charest m’a déjà adressé une mise en demeure, ainsi qu’à mon employeur... PKP.

Je n’ai jamais crié à l’intimidation ni alerté Amnistie internationale.

Les colères de Brian Mulroney en épluchant sa revue de presse quotidienne demeurent indélébiles chez ses ex-collaborateurs.

Forts et indépendants

La population aime en général les gens au fort caractère, en affaires comme en politique, et qui l’affichent. Pensez seulement aux Régis Labeaume et Denis Coderre. PKP, l’entrepreneur, était admiré.

PKP, le chef politique, devra par contre vite libérer son parti de l’emprise des groupes de pression qui le contrôlent, pour que ce dernier regagne en respect dans l’ensemble de l’électorat.

Ouellet et Céré sont justement des porte-voix de ces groupes de pression, syndicaux et communautaires. Le recentrage du PQ est autrement plus important que leurs épidermes sensibles et leurs commérages, pour se donner, comme victimes, une importance dans la course qu’ils n’ont pas.

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