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Vent nouveau en Alberta

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Ce n’est pas une «vague orange» qui a déferlé sur l’Alberta mardi dernier, c’est une «tornade orange» qui a frappé la seule province de l’Ouest canadien qui n’avait pas encore élu un gouvernement néo-démocrate au cours des dernières décennies. L’Ontario et la Nouvelle-Écosse ont également connu des gouvernements NPD dans le passé.

Ce n’est pas une «vague orange» qui a déferlé sur l’Alberta mardi dernier, c’est une «tornade orange» qui a frappé la seule province de l’Ouest canadien qui n’avait pas encore élu un gouvernement néo-démocrate au cours des dernières décennies. L’Ontario et la Nouvelle-Écosse ont également connu des gouvernements NPD dans le passé.

Que s’est-il passé?

Il y a à peine six mois, personne n’avait prévu un tel revirement de situation, pour ne pas dire une telle rupture au pays des sables bitumineux. La chute du prix du pétrole a certes joué, mais ce sont surtout les propositions des partis et l’attitude des chefs qui constituent les principales raisons de ce changement radical.

Tous les observateurs croyaient que le nouveau chef conservateur, Jim Prentice, avait réussi un coup de maître en recrutant la chef du Wild Rose Party, Danielle Smith. Or, ce fut plutôt un ballon dégonflé quand Danielle Smith fut défaite lors d’une assemblée d’investiture des conservateurs, malgré tout l’appui que lui accorda Prentice. Ce dernier se révéla tout au long de la campagne un piètre «campaigner», semblable à Paul Martin. Même la propre fille de Ralph Klein s’est prononcée en faveur du NPD!

N’oublions pas que les conservateurs qui détenaient le pouvoir depuis 44 ans avaient toujours tenu un discours populiste, tout comme le faisait Jean Chrétien au fédéral. Prentice et Martin, hommes d’affaires ayant bien réussi, présentaient plutôt une image froide de bureaucrates abandonnant le discours populiste au NPD et, à moindre degré, au Wild Rose, dont le chef, Brian Jean, ne faisait pas le poids avec la leader du NPD, Rachel Notley.

La victoire de cette dernière démontre aussi que les Albertains n’ont heureusement pas conclu que les femmes étaient incapables d’assumer le pouvoir après les échecs retentissants de Kim Campbell et d’Alison Redford.

Un NPD différent

Le NPD de l’Alberta ne doit pas être confondu avec le NPD fédéral. Le parti albertain est plutôt semblable aux travaillistes britanniques de Tony Blair. Ainsi, le parti albertain n’est pas en faveur de la bourse du carbone comme l’est le NPD fédéral. D’ailleurs, les candidats ont demandé à Thomas Mulcair de ne pas s’immiscer dans la campagne!

Il ne faut surtout pas croire que les résultats obtenus en Alberta se répéteront automatiquement au fédéral. Il y a une certaine tendance au Canada d’élire des partis différents au fédéral de ceux qui le sont dans les provinces. C’est souvent le cas de l’Ontario, par exemple.

Il faut également réaliser que les partisans de la droite ont divisé leurs votes entre deux partis, les conservateurs et le Wild Rose, alors que le NPD a fait le plein des votes à gauche et au centre puisque les libéraux se sont écrasés. Il reste tout de même que la droite a obtenu 52 % des votes.

Au fédéral, c’est plutôt la droite qui est unie sous Harper en Alberta.

Le défi

Le défi du NPD en Alberta est de ne pas reproduire l’échec du NPD en Ontario sous Bob Rae au début des années 90. Nous saurons au cours des années qui viennent s’il en aura retenu les leçons.

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