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Jardins Gamelin: un objectif de cohabitation avec la population marginalisée

Le nouveau parc intègre la population itinérante

Gilles Côté et Christian Depont
Photo Le Journal de Montréal, Camille Laurin-Desjardins Gilles Côté (à droite) est un ancien itinérant qui travaille maintenant pour le Quartier des spectacles. Il veille à ce que la population marginalisée du parc Émilie-Gamelin, comme Christian Depont, soit intégrée dans le nouvel aménagement.

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Malgré les inquiétudes de certains organismes communautaires, la revitalisation du parc Émilie-Gamelin semble bien intégrer les itinérants et la population marginalisée qui occupent traditionnellement l’endroit.

«Tout le monde a sa place ici. Ce matin, je suis allé voir mes gars et mes filles pour les présenter aux partenaires et aux intervenants, pour qu’ils sachent à qui s’adresser», raconte Gilles Côté, responsable de parc aux nouveaux Jardins Gamelin, inaugurés jeudi soir.

Le parc situé aux abords du métro Berri-UQAM, connu pour sa population d’itinérants et comme un pôle de vente de drogues, a été transformé par le Quartier des spectacles, en collaboration avec les organismes d’économie sociale Sentier urbain, Présence compassion et Pépinière & co.

Un café et un bar sont ouverts, accompagnés d’une belle terrasse, et une foule d’événements culturels y sont prévus pendant l’été. Des espaces sont prévus pour de l’agriculture urbaine et les gens qui fréquentent le parc sont invités par des intervenants à y participer pour obtenir les récoltes.

«L’objectif n’a jamais été de chasser les itinérants du parc. Au contraire, on veut leur montrer que, s’ils veulent se reprendre en main, c’est possible», explique M. Côté, lui-même un ancien itinérant qui s’est sorti de la rue grâce à l’organisme la Maison du Père.

Il travaille pour le Quartier des spectacles depuis cinq ans. Il s’assure que «[ses] gars et [ses] filles» sont à l’aise dans ces nouvelles installations et fait le pont avec les organismes sur place.

Christian Depont, sourd et muet, se tient près de Gilles Côté, en attendant de pouvoir lui montrer un message qu’il lui a écrit sur son tableau.

Dans la rue en alternance depuis 1999, l’homme de 54 ans s’est trouvé une chambre en janvier. M. Depont fait du bénévolat et effectue quelques tâches rémunérées dans le parc. Il dit beaucoup aimer la transformation du parc. «Il y a moins de violence et de drogue, nous a-t-il écrit. J’aime plus le monde calme.»

Inquiétudes

Au réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, l’organisateur communautaire Bernard Saint-Jacques salue l’ouverture et le désir d’inclusion du Quartier des spectacles. Mais il a quand même des inquiétudes par rapport à cette cohabitation. «Est-ce que la cohabitation va fonctionner? On peut penser qu’il va y avoir des tensions.»

M. St-Jacques parle d’un grand «laboratoire» en ce moment dans la métropole, avec la revitalisation des squares Cabot et Philip, puis du carré Viger.

 

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