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La dernière goutte de sang

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C’est bien l’impression douloureuse qui se dégage des propositions de hausses de tarifs tous azimuts qui émanent du gouvernement Couillard: le gouvernement veut tout nous vider jusqu’à notre sang. Du camping aux places en CHSLD, les libéraux défendent des hausses de tarifs, précisant qu’il ne s’agit pas de hausses de taxes au sens strict. Le premier ministre a reconnu jeudi que d’autres tarifs pourraient grimper au-delà de l’inflation.

C’est bien l’impression douloureuse qui se dégage des propositions de hausses de tarifs tous azimuts qui émanent du gouvernement Couillard: le gouvernement veut tout nous vider jusqu’à notre sang. Du camping aux places en CHSLD, les libéraux défendent des hausses de tarifs, précisant qu’il ne s’agit pas de hausses de taxes au sens strict. Le premier ministre a reconnu jeudi que d’autres tarifs pourraient grimper au-delà de l’inflation.

Je vous fais grâce du cliché voulant que «l’argent vienne toujours de la même poche». Sauf que chaque fois qu’une décision gouvernementale détourne un dollar supplémentaire de vos poches vers l’État, c’est une baisse du revenu disponible pour les ménages et une hausse des sommes allouées aux dépenses publiques.

Chaque fois qu’une décision gouvernementale détourne un dollar supplémentaire de vos poches vers l’État, c’est une baisse du revenu disponible pour les ménages

Plusieurs observateurs, tout comme les partis d’opposition, ont souligné les changements de discours du premier ministre Philippe Couillard sur la question. En campagne, sa politique consistait à ne pas hausser les tarifs au-delà de l’inflation. Il y a quelques mois, alors que la colère des contribuables grondait, il a rassuré tout le monde en garantissant que l’atteinte de l’équilibre budgétaire se ferait dorénavant sans en demander plus aux Québécois. C’était à «la machine» de faire ses efforts.

La machine se défend

Or la machine ne se laisse pas faire aussi facilement. Dans tous les ministères, il existe des scénarios nombreux de toutes sortes de nouvelles taxes ou de hausses de tarifications. Tant que la pression financière n’est pas trop grande, ces hypothèses circulent, le ministre n’y montre pas d’intérêt et l’idée dort dans les filières.

À l’opposé, dans une année où tous les ministères se font demander de couper significativement dans leurs dépenses, incluant de réduire le nombre d’employés, la pression s’accroît. Avant de se faire amputer des budgets et des employés, toutes les divisions des ministères et organismes vont chercher des façons d’aller chercher de l’argent frais. Ils présentent des scénarios permettant au gouvernement Couillard d’atteindre ses objectifs financiers par des hausses de revenus plutôt que par des coupes.

Il faut rappeler à quel point les contribuables ont été saignés pour le retour à l’équilibre budgétaire. La hausse de TVQ, les taxes sur l’essence, la contribution santé, les taxes scolaires et, plus récemment, les tarifs de garderies et d’électricité ainsi que les taxes municipales. Il faut cesser de répandre la fausseté voulant que le déficit sera éliminé par des coupes de dépenses. Il faut cesser de propager l’idée farfelue que les gouvernements y vont à la hache dans les dépenses depuis longtemps.

37 milliards de plus !

Lors du dépôt du budget Leitao, je notais que dans le dernier budget équilibré du Québec, au printemps 2008, revenus et dépenses s’élevaient à 63 milliards. Au printemps 2015, ce chiffre a grimpé à 100 milliards. En sept ans, le Québec dépense 37 milliards de plus... et les récolte aussi. Il s’agit d’une hausse de 59 %!

Je ne blâme pas complètement les élus libéraux. Je sais que la machine pousse dans leur dos et que tous les partis ont succombé à cette tentation de choisir cette solution facile: refiler la facture aux contribuables.

Je leur dis: «Soyez vigilants et conscients que votre population en a ras le pompon.»

 

 

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