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Le conservatisme du milieu de l’éducation

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Faire des changements dans le ­milieu de l’éducation a toujours été une tâche ardue, voire impossible, si nous nous fions à l’exemple de la ­dernière réforme. Bon nombre de recherches sont réalisées en éducation chaque année dans nos universités et nos cégeps. Ces recherches sont ­toutefois rarement utilisées dans les milieux de l’éducation pour modifier les pratiques ou encore la formation des enseignants.

Faire des changements dans le ­milieu de l’éducation a toujours été une tâche ardue, voire impossible, si nous nous fions à l’exemple de la ­dernière réforme. Bon nombre de recherches sont réalisées en éducation chaque année dans nos universités et nos cégeps. Ces recherches sont ­toutefois rarement utilisées dans les milieux de l’éducation pour modifier les pratiques ou encore la formation des enseignants. C’est à se demander à quoi servent toutes ces données si rigou­reusement ­colligées...

Création de matériel

Alors que des dizaines de programmes existent pour aider les enseignants à répondre aux besoins des élèves ayant des difficultés d’apprentissage ou de comportement, les enseignants continuent de produire du ­matériel pour leur classe dans leurs temps libres, c’est-à-dire les soirs de ­semaine et des fins de semaine. Ils ­dépensent des fortunes et beaucoup de temps pour s’assurer de produire du matériel adapté sans vraiment avoir l’assurance de la performance de leurs élèves suite à leurs efforts. Pendant ce temps, les programmes évalués, ­efficaces et bien pensés s’accumulent sur les tablettes des universités et des ­bibliothèques didactiques.

Pendant que nos enseignants se tuent à l’ouvrage, les enseignants de l’Ontario ont eux compris l’importance d’utiliser le travail des chercheurs et de leurs pairs pour améliorer leur ­pratique. Si on en croit les données de cette province, les enseignants ­semblent être mieux outillés et surtout mieux formés.

Pourtant, la recherche en éducation au Québec est largement subventionnée et surtout efficace. Nous devrions voir des résultats similaires au Québec, mais ce n’est pas le cas. Il semble que nous refusions de remettre en question notre culture, notre fonctionnement. Nous préférons valoriser le travail individuel de chaque enseignant qui crée son propre matériel plutôt que de travailler en groupe avec les données qui existent. C’est bien dommage, autant pour nos enseignants épuisés que pour leurs élèves.

Pas punitif

Certains se rappelleront avec raison que la CAQ a proposé dans les ­derniè­res années des mesures qui se rapprochent des pratiques de l’Ontario: augmentation salariale de 20% et ­obligation de formation continue. Il est vrai que la CAQ a fait deux propositions intéressantes. Cependant, elle a toujours lié ces avantages ou cette reconnaissance à une approche punitive. François Legault déclarait d’ailleurs à la fondation de la CAQ que «si en dépit de ces mesures, la performance laissait toujours à désirer, l’enseignant perdrait son poste».

En Ontario, cette menace n’a pas été faite. En fait, le ministère a plutôt cherché à travailler en collaboration avec les enseignants en les outillant. Cette approche fait toute la différence!

 

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