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Mauvais calcul au ministère des Affaires municipales

Un projet informatique affiché à 10,4 M$ au départ coûtera 30 M$

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Le ministère des Affaires municipales (MAMOT) aura besoin d’au moins 30 M$ pour venir à bout d’un projet informatique lancé il y a près de six ans et affiché à 10,4 M$ au départ.

Le ministère des Affaires municipales (MAMOT) aura besoin d’au moins 30 M$ pour venir à bout d’un projet informatique lancé il y a près de six ans et affiché à 10,4 M$ au départ.

Le projet en question s’appelle MOSAIC. Il est crucial. Il permet au ministère de suivre et assurer la saine gestion, de façon uniformisée, de l’ensemble des aides financières accordées aux municipalités. Ce sont près de 9 G$ qui seront suivis par ce système informatique.

Au départ, en 2009, le ministère affichait que le projet allait coûter 10,4 M$. Ce n’était pas le bon chiffre. Le ministère a admis que le coût était plutôt de 17,8 M$, car le fédéral injectait aussi 7,4 M$ et le ministère ne pensait pas qu’il devait aussi afficher cette somme, même si l’argent provient de la même poche, soit celle des contribuables.

Initialement, le ministère souhaitait utiliser un système qui avait été expérimenté par un autre ministère. Cette idée s’est avérée très mauvaise, si bien que le projet a par la suite été interrompu, car il allait frapper un mur. Le MAMOT devait refaire ses devoirs et établir un nouveau plan pour en venir à bout. Le problème, c’est que 11,2 M$ avaient déjà été dépensés.

4 M$ gaspillés

Entre 3 et 4 M$ de ces 11,2 M$ n’ont pas été récupérés et ont rejoint le cimetière des dépenses informatiques inuti­les du gouvernement.

Pour mieux repartir, 22 M$ ont été réinvestis en 2012. Au total, le gouvernement a donc autorisé à verser 34 M$ et le projet a été achevé le mois dernier.

Pour expliquer la débarque, le MAMOT expliquait sur internet qu’«un réaménagement des travaux a dû être effectué à la suite de difficultés rencontrées avec un des volets de la solution». Devant cette explication évasive, nous avons demandé plus de précisions et, contrairement à d’autres ministères peu bavards sur leurs dérapages, le MAMOT a accepté de répondre à nos questions en toute transparence.

Sauvé de la dérive

En poste depuis octobre 2014, le directeur de l’informatique du ministère, Martin Arsenault, ne veut pas jeter la pierre à ses prédécesseurs. Mais si le projet n’avait pas été arrêté et repositionné, «je ne sais pas où on en serait», explique-t-il. «Les prémisses de départ étaient plus ou moins applicables.»

M.Arsenault évalue par ailleurs que les 3 à 4 M$ dépensés inutilement au départ seront récupérés à la fin, si bien que les 34 M$ ne seront pas dépensés en totalité.

Ce n’est qu’en surveillant attentivement le coût de ce projet depuis plus d’un an que notre Bureau d’enquête a été en mesure de savoir qu’il a connu un tel dépassement de coût.

Malgré le dérapage, le ministère affiche aujourd’hui sur le site internet gouvernemental prévu à cet effet que le projet était initialement prévu à 34 M$ et qu’il a connu 0% de dépassement de coûts, ce qui ne reflète pas du tout le véritable portrait de cette aventure informatique.


Lancé en 2009, le projet est affiché à 10,4 M$

Le MAMOT a achevé son projet en avril 2015 au coût de 29,2 M$

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