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Les liens mafieux étaient connus

Les relations entre les associés d’Irwin Cotler et le clan Rizzuto ont été évoquées à la commission Charbonneau

Cotler
Photo courtoisie Irwin Cotler en compagnie de Richard Dubrovsky, son associé avec Hyman Bloom dans les sociétés de placements Faybess et Ace. Rick Dubrovsky fut président du conseil d’administration de l’Hôpital juif de Montréal, de 2011 à 2014.

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Depuis une dizaine d’années, l’ex-ministre de la Justice Irwin Cotler est actionnaire d’une société qui a financé des promoteurs proches du crime organisé. Et en mars 2014, la commission Charbonneau aurait pu lui mettre la puce à l’oreille, alors que les noms de ses associés sont ressortis.

Depuis une dizaine d’années, l’ex-ministre de la Justice Irwin Cotler est actionnaire d’une société qui a financé des promoteurs proches du crime organisé. Et en mars 2014, la commission Charbonneau aurait pu lui mettre la puce à l’oreille, alors que les noms de ses associés sont ressortis.

La procureure a alors fait entendre des ex­traits d’une conversation datant de 2003 entre le parrain Vito Rizzuto et un proche de son clan, Tony Magi. Ils évoquent des discussions avec les associés du député de Mont-Royal Hyman Bloom et Richard Dubrovsky pour obtenir un prêt de 4 millions $.

Tony Magi tente de rassurer le parrain. «Hy est très souple», dit le promoteur, alors associé au fils du parrain, Nick Rizzuto Jr.

Millions pour Magi

La filiale de prêts de la Société de placements Ace, dont Irwin Cotler est actionnaire, a avancé des millions de dollars pour des projets où s’est impliqué Tony Magi, dont 2 M$ pour le 1000, de la Commune Est, dans le Vieux-Port.

Ace a notamment pris des garanties sur les bureaux de Tony Magi et de Nick Rizzuto Jr, chemin Upper Lachine, devant lesquels le fils du parrain a été assassiné.

Ace a aussi prêté 1,3 M$ au promoteur Salvatore Ulisse en 2011. Pour financer un autre projet en 2012 et 2013, ce constructeur de condos s’est ensuite tourné vers Ada Crispino, la femme du mafieux assassiné Moreno Gallo.

Vito Rizzuto, Ancien parrain
photo d'archives
Vito Rizzuto, Ancien parrain

Fiducie sans droit de regard

Irwin Cotler réitère qu’il ignorait tout des relations d’affaires de ses associés. «Mes participations avaient été confiées à une fiducie sans droit de regard, comme celles de tous les membres du Conseil des ministres», dit-il.

Pour Michel Dion, spécialiste de l’éthique à l’Université de Sherbrooke, Irwin Cotler aurait dû mieux se renseigner et surtout agir après la publication d’informations sur ses associés par la commission Charbonneau.

«Il avait la responsabilité morale de sortir ses actions pour être prudent», dit-il.

L’avocat éthicien Donald Riendeau est d’accord. «Quand on est ministre, on devrait agir de façon exemplaire.» Il souligne toutefois que les règles étaient moins strictes à l’époque où Irwin Cotler était ministre de la Justice, de décembre 2003 à février 2006.

 

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