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La transparence, c’est pour les autres !

La transparence, c’est pour les autres !
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

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Tout le monde se réclame de la transparence !   Mais lorsque vient le temps des « vraies » affaires, on ferme les portes.  Un indice d’un penchant pour les portes closes.

Cette semaine, c’est le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand qui exclut les médias des consultations sur l’acceptabilité sociale des projets miniers et énergétiques

Il y a quelques semaines, certaines associations étudiantes expulsaient les journalistes de certaines assemblées générales allant même jusqu’à apostropher l’un d’entre eux qui avait osé parler avec un journaliste.

La transparence, plusieurs en veulent lorsque c’est pour les autres.  Mais lorsqu’il s’agit de « bien contrôler le message », livrer au public un message bien ficelé, conforme à un discours bien convenu, la ferveur pour la transparence est mise de côté.

On invoque le souci d’avoir des échanges « francs et directs » comme si le fait que les médias soient témoins des véritables débats était en soi un danger.

Voilà pourquoi il y a de plus en plus de scepticisme à l’égard des promesses d’augmenter la transparence.  Il y a quelques semaines, le gouvernement annonçait son intention de revoir la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics.  Mais hélas, les propositions mises de l’avant par le ministre responsable de l’accès à l’information n’améliorent que très marginalement le niveau de transparence. 

En pratique, on propose de reconduire les règles qui permettent aux organismes publics de retarder l’accès aux documents publics pendant des délais suffisamment longs pour que le document convoité n’ait plus qu’un intérêt historique !

On attend toujours des mesures pour limiter la faculté des municipalités et autres organismes publics de multiplier les entraves à l’accès des citoyens et des médias à leurs réunions publiques, aux ordres du jour illisibles, aux règlements rédigés de façon à être incompréhensibles.

En somme, l’exclusion des journalistes aux consultations du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles reflète l’attitude de plusieurs acteurs publics.  On est bien prêt à clamer très fort qu’on consulte et qu’on recherche la concertation... à la condition d’être cru sur parole !

On recherche l’attention des médias lorsqu’on a un message pré-formaté à faire passer. 

Mais lorsque les médias tentent de jouer vraiment le rôle qu’on attend d’eux, lorsqu’il est question d’aller au-delà du message ficelé en « communiqué officiel » par des spécialistes des relations publiques,  ils dérangent.  Ils sont assimilés à des nuisances.

Oui, la transparence, on la réclame... c'est essentiel ... mais pour les autres !

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