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Le PQ se prépare à nier son héritage

POL-DÉBAT PQ
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L’élection à la chefferie du Parti québécois approche. Dans cette course, tous les candidats se sont prononcés à gauche. Ils ont tous dénoncé l’austérité libérale (qui n’en est pas une). La plus à gauche des candidates, Martine Ouellette, s’est même portée à la défense du «modèle québécois». Même Pierre Karl Péladeau qui, selon le cliché, n’est pas un ami du modèle québécois s’est mis à le défendre. Étrangement, personne ne se souvient que le dernier péquiste qui, en élection, a voulu défendre le modèle québécois était... Lucien Bouchard. En 1998, suite à l’arrivée de Jean Charest qui proposait une modernisation de l’État québécois, Lucien Bouchard s’est mis en mode attaque pour dénoncer le néolibéralisme de Jean Charest. On parle du même Lucien Bouchard qui a laissé au PQ sa plus belle contribution à l’économie québécoise. 

Il y a deux fenêtres de temps au cours desquelles le Québec a rattrapé le reste du Canada au titre du niveau de vie. La première a commencé en 1945 et s’est continuée à un rythme plus calme après 1960 jusqu’en 1975. Ensuite, le Québec a stagné ou régressé entre 1976 et 1994. Ensuite, le Québec a commencé un léger rattrapage face à l’Ontario à partir du point milieu des années 1990. Il s’est continué jusqu’au milieu des années 2000. La seconde fenêtre de rattrapage économique du Québec s’est matérialisée principalement sous le Parti québécois entre 1994 et 2003. Et pour cause, il s’agit de la décennie de règne la plus stable de l’histoire économique au Québec. Le Parti québécois a réduit le déficit, réduit le poids relatif de la dette, réduit les impôts, réduit la taille de l’État.  

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Il y a des raisons d’être fier de cet héritage. À cette époque, le PQ demeurait un parti de gauche. Mais il s’agissait d’un parti de gauche qui pouvait prétendre faire la distinction entre «redistribution» (programmes sociaux) et «intervention» (distorsions du marché aux conséquences inattendues, réduction de la croissance économique, etc.). Le résultat final du règne péquiste rend ternes les libéraux qui les ont précédés et qui leur ont succédé. En fait, l’ère péquiste représente une ère au cours de laquelle les indices de liberté économique ont le plus augmenté. Ce sont sous les libéraux que ces indices ont piqué du nez.  

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Au final, les péquistes ont probablement l’héritage économique le plus positif de l’ère post-1960. Et pourtant, ils ont refusé d’en parler pendant toute la campagne à la chefferie. Ils ont dénoncé l’austérité sans la comprendre, préférant plutôt se livrer aux clichés sans fondements et à des raisonnements économiques dignes du 17e siècle! Ils se sont tous porté à la défense d’un plan pour ci, un plan pour cela, une politique nationale de Y et une politique nationale de X. Les débats n’étaient rien de plus que des enchères où on devait simplement offrir plus que l’autre. Aucun n’a souligné cet héritage dont je parle. 

Pour un parti qui nous dit que la mémoire nationale est oubliée, il faut croire que la mémoire est bien sélective et bien mauvaise. Sinon, on peut espérer que leur discours soit aussi sincère que celui de Lucien Bouchard qui a finalement fait ce qu’il accusait Jean Charest de croire en 1998.  

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