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Des vins meilleurs et plus «intelligents»

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Ce n’est pas d’hier que l’on sait que plus on boit de l’alcool, non seulement on a l’air moins intelligent, mais on EST tout simplement moins intelligent.

Mais de là à penser qu’il y a un lien entre l’activité cérébrale, les qualités gustatives d’un vin et le taux d’alcool qu’il contient, il y a quand même une marge.

Une marge que des chercheurs américains, israéliens, espagnols et allemands ont franchie en effectuant une étude sur la question, études dont les résultats ont été publiés récemment par la US National Library of Medicine / National Institutes of Health.

Ces résultats ont de quoi en décoiffer quelques-uns et, a contrario, en réjouir plusieurs autres, dont moi le premier qui pourfend depuis plusieurs années les hauts niveaux d’alcool dans les vins.

Une tendance qui, grosso modo, a pris naissance dans les pays producteurs du Nouveau Monde, comme on dit, et s’est répercutée jusque dans les régions les plus prestigieuses des pays du «vieux» monde, comme à Bordeaux pour ne pas la nommer.

Oh ! Je sais, les changements climatiques... mais d’autres études ont aussi montré que le réchauffement de la planète avait le dos bien large, en matière de haute teneur en alcool dans les vins.

Peu importe, il n’en demeure pas moins, en dépit des aléas avérés du climat, que les producteurs de vin (pas tous, mais plusieurs, trop quant à moi) croient que le marché recherche et apprécie davantage ces types de vin puissant, intense, corsé ; d’où des niveaux d’alcool plus importants.

Mesures

Or justement, ces chercheurs ont voulu vérifier cette assertion voulant que les vins qui avaient une plus haute teneur en alcool soient effectivement davantage appréciés des consommateurs.

Comme l’odorat et le goût sont des sens qui varient d’un individu à l’autre et sur lesquels, donc, on ne peut se fier pour mener une étude de ce type, on a plutôt utilisé la résonnance magnétique pour mesurer les réactions du cerveau.

Ils ont constaté, contrairement à ce à quoi ils s’attendaient, que les régions du cerveau naturellement sollicitées dans le processus d’appréciation des saveurs des aliments réagissaient beaucoup plus lorsque les sujets (dont aucun, en passant, n’avait une connaissance particulière du vin) buvaient des vins moins élevés en alcool.

Le cerveau réagit, proposent-ils comme hypothèse explicative, comme s’il était enclin à accorder davantage d’importance à la détection des arômes et des saveurs lorsque le vin contient moins d’alcool.

Ce qui viendrait confirmer, poursuivent-ils, l’intuition de plusieurs dégustateurs professionnels qui suggéraient déjà que les vins ayant une plus faible teneur en alcool font ressortir davantage l’ensemble de ses qualités gustatives.

Quand je tombe sur des nouvelles comme celles-là, ça fait ma journée.

Ceux que la chose intéresse trouveront le fin détail de cette étude à l’adresse suivante: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4364721/

Blancs et rouges

Mais tout cela m’a déjà mis le vin à la bouche ; en voici quelques-uns goûtés récemment.

♦  Cendrillon 2012, Touraine, Domaine de la Garrelière (23,75 $): j’ai tout de suite été charmé par cet assemblage de Sauvignon (80 %) et de Chardonnay (20 %) ; étrangement, le sauvignon ne domine pas l’assemblage ; l’équilibre est vraiment réussi ; c’est rond et gras, mais en même temps frais et charmeur, sa minéralité toute ligérienne jouant en trame de fond.
 
♦  Axia 2013, Alpha Estate, Florina IGT, Malagaouzia (18,85 $): Malagouzia (ou Malagousia) est un cépage ancien qu’on a redécouvert plutôt récemment en Grèce, et qui, pour moi, a des airs de parenté avec le Viognier. D’autres le comparent plutôt avec la Malvoisie. Peu importe, c’est un cépage assez aromatique, qui exprime ici des notes de melon, et qui en bouche propose un fruit tendre et délicieux.
 
♦  Cabral Reserva 2011, Douro (15,25 $): pour accompagner les grillades, ça prend quand même un vin qui a du corps, une certaine densité, et un petit côté boisé discret qui vient s’ajouter aux saveurs apportées par le barbecue ; tout, en fait, ce que ce vin propose à un très bon prix. Un «dur à battre» dans sa catégorie.
 
Château Puy d’Amour Cuvée 2012, Cuvée Grain de Folie no. 5, Côtes de Bourg (22,10 $): bon bordeaux frais et digeste, qui a vu le bois, mais seul son vinificateur le sait et c’est tant mieux, car le vin est bien équilibré et se laisse boire avec plaisir.

Vin plaisir

Pour offrir ou se faire plaisir

Photo courtoisie

Château de Rouillac 2009 [★★ ½ | $$$$ ]

Pessac Léognan,

13,5%, France

Type: vin rouge

Code: 12224669

Prix: 45,75 $

Tout plein de fruit, charmeur, texturé, aux tannins bien mûrs, en phase donc avec le millésime qui a quand même été chaud ; mais, en même temps, avec une fraîcheur et un équilibre qui n’a pas été le lot de tous, cette année-là. Un bordeaux exemplaire, signé Eric Boissonnot, l’œnologue des châteaux Mouton-Rothschild, Latour et Rauzan Segla. Seul bémol, il n’y en a pas des masses. On s’active pour en trouver.


Cabral Reserva 2011 [★★ ½ | $ ½ ]

Douro, Vallegre Vinhos do Porto,

13,5 %, Portugal

Prix: 15,25 $

Code: 12185647


Axia 2013 [★ | $$ ½ ]

Alpha Estate, Florina IGT, Malagaouzia,

13 %, Grèce

Prix: 18,85 $

Code: 12464304


Château Puy d’Amour Cuvée 2012 [★ | $$ ½ ]

Cuvée Grain de Folie no. 5, Côtes de Bourg,

13,5 %, France

Prix: 22,10 $

Code: 11392901


Cendrillon 2012 [★ | $$ ½ ]

Touraine, Domaine de la Garrelière, François Plouzeaux,

13,5 %, France

Prix: 23,75 $

Code: 10211397


★ Correct

★★ Bon

★★★ Très bon

★★★★ Excellent

★★★★★ Exceptionnel

Plus d’étoiles que de dollars: vaut largement son prix.

Autant d’étoiles que de dollars: vaut son prix.

Moins d’étoiles que de dollars: le vin est cher.

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