/misc
Navigation

PKP, Président ?

PKP, Président ?
SÉBASTIEN ST-JEAN/AGENCE QMI

Coup d'oeil sur cet article

 

Pierre-Karl Péladeau est maintenant le nouveau chef du Parti Québécois. Il a remporté la chefferie avec 57,6% du vote. N’en déplaise à Jean-Marc Fournier, il n’a pas annoncé son intention de renommer le parti « Parti Québécor »...

 

Nonobstant aussi à ceux qui lui promettaient chaude lutte, et lui prédisaient un deuxième tour : dans les deux cas, leurs bravades ont été vaines. Les péquistes devraient maintenant faire ce que font si bien leurs adversaires fédéralistes : serrer les rangs derrière le chef et s’allier vers leur objectif commun plutôt que de poursuivre les querelles enfantines.

 

Pierre-Karl Péladeau a fait son entrée en politique en mars 2014 pour faire du Québec un pays. Il a le mérite d’être clair et devient chef du Parti Québécois pour la bonne raison. Il a compris que la politique n’est pas un « emploi à vie », mais une fonction que l’on décide de porter pour un temps : celle de modifier une loi, de prendre un dossier à bras-le-corps ou instaurer un projet qui nous tient à cœur tout en représentant ses concitoyens.

 

Péladeau devient chef pour concrétiser ce rêve que nous sommes plusieurs à chérir : faire du Québec un pays.

 

***

 

 Le professeur Danic Parenteau veut lui aussi un pays. Il veut même davantage : il rêve d’une république libre du Québec. Une républi... quoi ? Effectivement, malgré le fait que 85 % des pays du monde soient républicains, au Québec, le concept est un peu flou. Il ne le sera plus si vous vous mettez à la lecture du deuxième livre de Parenteau, lancé cette semaine chez Fides, L’indépendance par la République, de la souveraineté du peuple à celle de l’État.

 

C’est un petit livre tout désigné pour s’initier au concept. Comme l’auteur l’écrit au tout début de son essai, « la voie républicaine à jusqu’ici été largement ignorée par le mouvement indépendantiste. » (p.11) En effet, depuis les patriotes de 1837-1838, le concept semble poussiéreux, impopulaire, indigne d’intérêt. On semble y faire au Parti Québécois une réaction épidermique : en effet, personne n’en parle, comme si le mot donnait des boutons.

 

L’essai nous renvoie au visage l’échec de la création du pays du Québec ainsi que la fatigue des Québécois pour la construction d’un pays. Parenteau tente de proposer, dans son deuxième livre sur la question, l’avenue républicaine comme processus d’accès à la souveraineté, après nous avoir dépeint l’état actuel de la question nationale, qui, disons-le, est un peu grisâtre. Pourquoi donc ne pas tenter l’option républicaine, qui est en fait un « processus de réappropriation collective, par le peuple québécois, de ses institutions politiques » ? En effet, Parenteau nous rappelle que « le modèle républicain repose sur une configuration du pouvoir qui accorde au peuple, ce sujet collectif, une plus grande place dans la gouverne de ses affaires. »

 

Parenteau soulève plusieurs bonnes questions, par exemple, comment le mouvement indépendantiste pourrait convaincre les Québécois de faire l’indépendance s’il est incapable d’énoncer clairement ce qu’il reproche à l’ordre politique canadien ? Le mantra d’émancipation a été maintes fois répété, mais a visiblement échoué deux fois. Peut-être faudrait-il que Pierre-Karl et son parti martèlent plus souvent ce clou ? L’auteur dresse aussi le bilan, en six points, des différences fondamentales entre le républicanisme et le libéralisme anglo-saxon, tant pour le rôle de l’école que pour l’intégration des immigrants en passant par la conception du pouvoir politique. En le lisant, on se rend à l’évidence : la majorité des Québécois, du moins, les indépendantistes, sont foncièrement républicains, et ce... sans même le savoir !

 

Parenteau a bâti son essai sur la prémisse que « le projet du Québec d’accéder à l’indépendance souffre aujourd’hui d’une perte de sens. » Aujourd’hui, avec un nouveau chef, tout est possible, diraient les rêveurs. Si le PQ de PKP prenait le virage républicain, « en replaçant le peuple québécois au centre du projet indépendantiste » qui sait ce que cela pourrait avoir comme résultat ? Il n’est pas interdit de penser que cela pourrait redonner un nouveau souffle à l’avenir du projet indépendantiste. Et moi, je le verrai bien, Pierre-Karl, premier président de la République libre du Québec...

 

***

 

« PKP au PQ » dans tous bons médias pour minimalement les trois années à venir ;)

 

L’indépendance par la république, de la souveraineté du peuple à celle de l’État, Danic Parenteau, Fides, 2015, 200 pages.  

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.