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Toujours aussi bon

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Photo Journal de Montréal, Martin Chevalier

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Inattendu. Coïncidant avec la remise du prix Juno pour son cd Popular Problems (2014), sacré meilleur album de l’année (2015). Ce dernier album est une carte postale, prise d’arrière-scène, croquée sur le vif, pendant la tournée (2012) de son album précédent Old Ideas, visant sans conteste à séduire les fans de longue date qui en redemandent sans cesse.

Leonard Cohen ★★★

Toujours aussi bon
Photo courtoisie

Can’t Forget: A Souvenir Of The Grand Tour, Sony

Le pourquoi est simple. Jamais Cohen n’a été aussi bon, sur disque et sur scène. Visiblement heureux d’être si bien appuyé, musicalement, devant des auditoires aussi réceptifs que conquis. Réconcilié avec son karma.

Les producteurs et ingénieurs ont restitué dix moments singuliers, tant pour la sélection du répertoire que des conditions d’enregistrement.

D’abord glanées ici et là, de Copenhague à Québec, on y retrouve de très anciennes chansons dont certaines n’ont jamais été chantées sur scène (Joan of Arc); de nouveaux arrangements qui transfigurent des vieux chevaux de bataille comme Field Commander Cohen, I Can’t Forget ou Light As A Breeze, enregistrées spontanément durant des tests de son; deux nouvelles dont Never Gave Nobody Trouble, pur blues, et Got A Little Secret, pur soul, pour boucler le tout de deux reprises, Choices de Georges Jones et surprise, La Manic de Georges Dor.

Même le ton usé de sa voix, mise en valeur par des arrangements fabuleux et une exécution instrumentale impeccable, est plein de charme. Rien ne rapproche Cohen de Georges Jones et pourtant cette magnifique version aux accents cajuns et atmosphériques est de toute beauté, elle transcende l’original. Le fait d’avoir choisi La Manic ­faisant figure de symbole de la Révolution tranquille et du climat social des deux solitudes en touchera certainement plusieurs. On aurait pu craindre l’anecdote. Il n’en est rien.

Patrick Watson ★★★½

Toujours aussi bon
Photo courtoisie

Love Songs For Robots, Secret City Records

Une dérive et une digression. Les compositions détonnent des albums précédents; d’indiepop à post-rock (In Circles), avec des accents progressifs, plombés d’électronique, de traitements et textures, dans un océan de réverbération. Une dizaine de chansons où on peut se laisser distraire par le contenant (Love Songs For Robots, Turn Into Noise), mais d’autres dont le focus épate (Grace). Watson prend des risques, au prix d’une certaine confusion (Know That You Know). Le falsetto vocal de Watson et l’environnement dense rend le caractère audible des paroles difficiles. La digression, c’est l’amour au temps des machines; du moins, semble-t-il. Beaucoup d’agressivité, de rage contenue, mais aussi d’espoir. Un album à apprivoiser.

Hiatus Kaiyote ★★★½

Toujours aussi bon
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Choose Your Weapon, Flying Buddah

Deuxième CD de ce groupe de néo-soul d’Australie, composé d’une chanteuse et guitariste, d’un claviériste, d’un bassiste et d’un batteur. En véritables éponges musicales, capables de fusionner de manière originale des influences musicales qui vont du funk des années 70 au prog britannique classique, du jazz fusion à la manière de Sextant d’Herbie Hancock ou Weather Report au Stevie Wonder d’Innervisions, ils ont réalisé un véritable tour de force en 18 chansons et 70 minutes. Pensez à Erikah Badu et Primus et vous y êtes presque. Autrement dit, ils savent jouer aussi bien la carte du délire que celle de la plus intense frustration, à tout moment. C’est peu dire. Intense, dense, haletant. La découverte de la semaine.

Bears Of Legend ★★★

Toujours aussi bon
Photo courtoisie

Ghostwritten Chronicles, BOF

Une des belles surprises de l’année. Bears Of Legend est ce collectif de la Mauricie qui a réussi le tour de force de concilier progrock classique québécois comme Maneige (When I Saved You From The Sea), valses irlandaises matinées de soft-rock à la Joe Jackson/Al Stewart et bien sûr l’indie folk/pop de chambre d’Of Monsters and Men, Mumford & Sons (The Arkansas River) et City and Colour. D’une originalité sans conteste, vraiment bien foutu, avec beaucoup d’âme (Challenge Me, à faire grincer Sting de jalousie). Des chansons qui ont un potentiel international dont You et Beside Me. C’est ­aussi un album concept qui raconte la vie de l’équipage d’un vaisseau fantôme, aux prises avec le tragique de la condition humaine. Excellent.


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