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Douglas Kennedy revient enfin au thriller

Douglas Kennedy
Photo courtoisie Douglas Kennedy

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De tous les best-sellers de l’écrivain américain Douglas Kennedy, Mirage est sans conteste l’un de ceux qu’on a préférés. Un roman qu’on recommande sans réserve et qui devrait très bientôt remporter un succès monstre.

À ses débuts, qui remontent aux années 1990, Douglas Kennedy a rapidement réussi à scintiller au firmament des étoiles montantes de la littérature américaine en écrivant coup sur coup trois brillants thrillers psychologiques presque aussi noirs que la face cachée de la lune. Si ce n’est déjà fait, on vous invite d’ailleurs à lire Cul de sac – qui a été réédité en 2008 sous le titre de Piège nuptial –, L’homme qui voulait vivre sa vie et Les Désarrois de Ned Allen, dont les intrigues captivantes nous ont toutes gardée éveillée jusqu’au lever du soleil.

Mais à l’aube du XXIe siècle, Douglas Kennedy a changé sa plume d’épaule pour explorer plus à fond un thème vieux comme le monde: les relations entre hommes et femmes. Ayant lui-même passé par la case divorce après 25 ans de mariage, ses histoires d’amour n’auront cependant rien à voir avec celles de Danielle Steel et les huit titres qui suivront – comme La poursuite du bonheur­­, Quitter le monde ou Cinq jours – et conjugueront surtout à l’imparfait les verbes chérir et convoler. Ce qui ne nous a pas empêchée de continuer à vénérer ce prolifique écrivain, même si l’époque de ses suspenses haletants nous a longtemps manqué.

Et puis est arrivé Mirage, «un roman très hitchcockien dans lequel l’ombre de Patricia Highsmith est également partout présente», souligne d’entrée de jeu Douglas Kennedy, qui vit désormais trois mois par année à Montréal, sa seconde femme étant québécoise.

Retour aux sources

Revenant à ses anciennes amours, Douglas Kennedy vient en effet de signer un tout nouveau thriller psychologique qu’on a franchement adoré. «Je suis un grand voyageur et au cours des 30 dernières années, j’ai notamment été 11 fois au Maroc, explique-t-il. Mais ma femme n’y ayant encore jamais mis les pieds, on a loué un 4x4 pour traverser le Sahara et au milieu de nulle part, une petite fille a surgi du sable. Où vivait-elle? Qu’est-ce qu’elle pouvait bien fabriquer en plein désert? Ça a été le début de Mirage, un livre dans lequel les apparences seront souvent trompeuses.»

Après un premier mariage désastreux qui lui a coûté bien des larmes, Robyn repartira de zéro en devenant l’une des meilleures expertes-comptables­­ de Buffalo. Elle rencontrera ainsi Paul Leuen, un artiste dépensier dans la cinquantaine qu’elle ne tardera pas à aimer sans compter tout en remettant un peu d’ordre dans ses déclarations fiscales.

Désirant ardemment avoir un enfant de lui, Robyn acceptera donc de le suivre au Maroc, terre de tous les possibles. Dans un petit hôtel d’Essaouira, Paul sera de fait plus productif que jamais, peignant du matin au soir. Avec un peu de chance, leurs ébats ayant également redoublé de vigueur, Robyn espère qu’il sera aussi fertile au lit. Mais derrière ce tableau idyllique se cachent bien des mensonges, Paul ayant toujours eu tendance à recouvrir d’une épaisse couche de rose ses très noirs secrets. Et c’est en découvrant l’un d’eux que Robyn commencera réellement à en voir de toutes les couleurs, car au lieu de s’emmêler davantage les pinceaux, Paul disparaîtra non sans avoir d’abord entièrement saccagé leur chambre...

L’amour est un mirage ?

«J’avais depuis longtemps l’intention d’écrire une grande aventure, précise Douglas Kennedy. Un roman plein de rebondissements dans lequel il y aurait mensonges et trahisons. Et puis j’avais également cette question en tête: est-il possible de connaître vraiment la personne qu’on aime? Ce qu’on voit d’elle ou ce qu’on ressent pour elle ne sont parfois que des projections, l’amour pouvant aussi être un mirage...»

Même si Paul est instable et bordélique, Robyn a par exemple immédiatement été attirée par lui parce qu’il lui rappelait son père, un homme à la fois charmant et fantasque qui a préféré se suicider plutôt que d’affronter ses problèmes d’argent. «Puisque Robyn n’a pas pu sauver son père, elle essaiera donc de sauver son mari en réorganisant sa vie, ajoute Douglas Kennedy. Mais Paul finira par tout gâcher. Je connais beaucoup de types comme lui, et ce dont je suis sûr à 100 %, c’est que tout le monde a un côté autodestructeur. Sauf que chez la plupart des gens, il est nettement moins prononcé que celui de Paul. Quand on exerce le métier de romancier, on est Dieu: on peut faire ce qu’on veut de nos personnages­­ et leur réserver des destins particulièrement tragiques.»

Il nous le prouve avec Mirage, un livre qu’on n’oubliera pas de sitôt.

Mirage
Douglas Kennedy, aux Éditions Belfond, 426 pages
Douglas Kennedy, aux Éditions Belfond, 426 pages