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Le bingo de la justice

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Ainsi, Luc Bergeron, un homme de 47 ans qui a eu des relations sexuelles avec une fillette de 10 ans, a écopé d’une peine de... sept mois de prison.

Ainsi, Luc Bergeron, un homme de 47 ans qui a eu des relations sexuelles avec une fillette de 10 ans, a écopé d’une peine de... sept mois de prison.

Alors que Tania Pontbriand, qui a été reconnue coupable d’avoir couché avec un ado de 15 ans alors qu’elle en avait 32, été condamnée à 20 mois.

Quelqu’un peut m’expliquer, s’il vous plaît?

DES SENTENCES ARBITRAIRES

Il me semble que ça ne prend pas la tête à Papineau pour savoir qu’il y a une différence entre une fille de 10 ans et un gars de 15 ans.

Une est une enfant. L’autre est un ado bourré de testostérone.

Tania Pontbriand avait deux fois l’âge de son partenaire, alors que Luc Bergeron avait presque cinq fois l’âge de sa victime.

Pourtant, si l’on se fie aux sentences que les deux accusés ont reçues, les gestes posés par Tania Pontbriand sont plus graves et plus répréhensibles que ceux posés par Luc Bergeron.

Ben coudonc!

Quand on regarde les sentences prononcées par les juges au cours des dernières années (12 ans moins un jour pour le fraudeur Vincent Lacroix, 40 mois de prison pour un homme qui a violé ses deux filles sur une période d’une douzaine d’années, 90 jours pour un éducateur qui a secoué un bébé de huit mois, 60 jours pour avoir asséné une gifle mortelle à une ado de 13 ans...), on a l’impression que tout ça est arbitraire.

Comme si les juges pigeaient leurs sentences dans des bouliers de bingo.

«Un arnaqueur a volé les économies de sa voisine? On lui donne... (il ferme les yeux et pige une boule au hasard)... NEUF ANS!

«Un pédophile de 52 ans a violé la fillette dont il avait la garde? On lui donne... 12 MOIS!»

Après ça, on se demande pourquoi les gens sont sceptiques face au système de justice...

Il n’y a aucune sorte de cohérence dans les peines accor­dées.

IDÉE DE REPORTAGE

Il y a quelques semaines, un juge a refusé à un manifestant de recouvrer sa liberté en attendant son procès, alors que Guy Turcotte, lui, était libre comme l’air.

Or, le premier avait lancé un serpentin au visage d’un poli­cier, alors que l’autre avait poignardé ses deux enfants.

Euh... De kessé?

Tiens, ça pourrait être un exercice intéressant, ça: sortir toutes les sentences prononcées au Québec au cours des six derniers mois et faire des comparaisons.

Quelle est la sentence moyenne pour un viol? Pour un cas d’inceste? Pour une fraude? Pour un abus de confiance?

Je suis sûr qu’on découvrirait des choses étonnantes. Qu’on punit les crimes économiques plus sévèrement que les crimes à caractère sexuel, par exemple.

Pourtant, qu’est-ce qui est le plus susceptible de briser un individu? Une fraude ou un viol?

On crée toutes sortes de commissions, au Québec. Pourquoi ne pas se pencher sur les peines accordées par les juges?

Je suis sûr qu’on pourrait faire une mise à niveau. Histoire que les peines prononcées reflètent mieux la gravité des crimes commis.

Qu’on sente une gradation, une logique.

Bref, que le public ait l’impression que justice a bel et bien été rendue...

 

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