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Du phoque pour les sans-abri inuits

Refuge femmes
Photo le Journal de Montréal, Judith Plamondon Chez Doris, le premier repas de phoque devrait se tenir vendredi midi.

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Les sans-abri inuits de Montréal pourront renouer avec leurs traditions culinaires parce que du phoque sera servi dès vendredi dans cinq organismes.

«Les Inuits ont l’habitude de chasser et de pêcher pour se nourrir. C’est un choc lorsqu’ils arrivent à Montréal, parce qu'ils ne mangent pas la même chose que les Blancs», explique Marina Boulos, la directrice du refuge pour femmes en difficulté Chez Doris.

Chaque mois, le centre recevra de 40 à 50 livres de chair de phoque congelée pour nourrir la douzaine de femmes inuites qui fréquentent le refuge. «On va respecter les traditions inuites en le servant cru, avec un pain typique, le bannock», note Mme Boulos.

La Mission St-Michael, le refuge Open Door, le Centre d’amitié autochtone de Montréal et l’organisme Projets autochtones du Québec recevront tous les mois la même quantité de viande. C’est la Société Makivik, une organisation qui représente environ 10 000 Inuits auprès des gouvernements du Québec et du Canada, qui a mis sur pied ce projet.

«Nous avons décidé d’aller encore plus loin en servant aussi du caribou, du buffle et d’autres viandes de la culture inuite», indique Mme Boulos.

Chez Doris, le premier repas de phoque devrait se tenir vendredi midi. «Les femmes ont déjà eu droit à du caribou et à d’autres viandes sauvages, mais elles ont bien hâte de manger à nouveau du phoque, précise Marina Boulos. Celles qui ne sont pas itinérantes pourront même ramener des sacs de viande congelée à la maison.»

La directrice générale croit que ce projet apaisera un peu les souffrances des Inuits montréalais. Certains ont été contraints de quitter leur village natal à cause de problèmes de violence et d’abus, mais souffrent quotidiennement de ce déracinement.