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Mystérieux marchand de vêtements en eaux troubles

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Un mystérieux marchand de vêtements de luxe du centre-ville vient de voir sa voiture incendiée. S’agit-il d’une vengeance ou d’un problème mécanique comme il l’affirme?

Un mystérieux marchand de vêtements de luxe du centre-ville vient de voir sa voiture incendiée. S’agit-il d’une vengeance ou d’un problème mécanique comme il l’affirme?

Tony Elian est le propriétaire de la boutique de vêtements pour hommes Giorgio Gruppo Roma, située rue Peel, et de la compagnie immobilière Cesare Immobilier.

Au milieu de l’hiver, sa voiture garée devant sa résidence personnelle de Westmount a été la proie des flammes.

L’homme d’affaires d’origine libanaise, qui croule sous les dettes en tous genres, n’avait pas porté plainte à la police, car il ne pensait pas que l’incendie était d’origine criminelle.

Serait-ce l’œuvre d’une des nombreuses personnes qui allèguent avoir été flouées par Elian?

DE NOMBREUX ENNEMIS

Une simple recherche sur internet montre que l’homme n’avait pas que des amis. Plusieurs commentaires publiés sur des blogues font état de problèmes avec les marchandises vendues à la boutique d’Elian.

D’autres affirment qu’Elian vend des vêtements fabriqués en Chine en les faisant passer pour des vêtements confectionnés en Italie.

Une source nous a même affirmé que le directeur général des Rangers, Glen Sather, se serait fait vendre de la camelote à prix d’or. Le vieux routier de la LNH a refusé de commenter lorsque nous l’avons contacté. «Ce n’est pas de vos affaires», a-t-il dit sèchement.

À l’intérieur de la boutique de la rue Peel, un maillot de la mythique équipe de hockey signé par les joueurs est placé bien en vue.

DES MILLIONS EN DETTES

Il ne s’agit pas des seuls problèmes de Tony Elian, loin de là...

  • Une longue liste de sous-traitants lui réclament des sommes impayées pour des travaux effectués sur un immeuble à condos de Westmount que développait la compagnie d’Elian, Cesare Immobilier.
  • De 2009 à 2014, Tony Elian a également eu un litige de 1,1 million de dollars avec Frank Bertucci, lui-même accusé d’avoir versé un pot-de-vin de 150 000 $ à un chef d’équipe de Revenu Canada en échange d’une réduction de cotisations.
  • Tony Elian fait aussi face à une poursuite de la compagnie 825 Bancroft Investment Limited, propriétaire d’un espace locatif sur la rue Peel, pour des loyers impayés d’environ 500 000 $.
  • La résidence personnelle d’Elian à Westmount est aussi visée par un préavis de vente, en lien avec la même dette.
  • Des hypothèques légales de Revenu Canada et de Revenu Québec ont aussi été enregistrées sur les propriétés d’Elian à Westmount pour des montants totalisant 2,7 millions $ depuis cinq ans.
  • Même la Banque de Montréal le poursuit pour une créance impayée de 2 194 521 $
  • Tony Elian doit maintenant vendre sa luxueuse demeure de Westmount. L’argent de la vente ira vraisemblablement à ses créanciers.

Les fréquentations de Tony Elian soulèvent bien des questions. Certaines préoccupent même les policiers du SPVM et de la GRC, qui se demandent pourquoi le vendeur de vêtements fréquente d’importantes pointures du monde interlope.

AVEC DUCARME JOSEPH

Sur une photo obtenue par notre Bureau d’enquête, on voit Elian attablé au restaurant Milos avec le gangster Ducarme Joseph. Celui qu’on surnommait «Kenny» a été assassiné le 1er août 2014 dans le quartier Saint-Michel.

Sur le même cliché, on remarque également la présence de Georges Chaloub Khoury.

Lorsque nous avons rencontré Elian devant sa boutique de la rue Peel, il a donné une explication surprenante. «Ducarme Joseph est entré chez Milos pour rencontrer une autre personne, mais il est venu s’asseoir avec moi parce qu’il me devait de l’argent», raconte-t-il, en ajoutant que «Kenny ne payait jamais ses dettes».

Aussi, on s’explique mal dans quel but M. Elian a assisté aux funérailles de Vito Rizzuto en décembre 2013.

«Je suis un homme d’affaires, Vito était mon client et son père aussi. Comme c’étaient de bons clients, je suis allé aux obsèques.»

D’ailleurs, M. Elian croit que toute cette affaire est un coup monté par ses détracteurs. Il affirme que ses problèmes ne sont pas d’intérêt public et il comprend mal que notre Bureau d’enquête s’intéresse à ses histoires.

 

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