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Alcan, Bombardier, Cirque...

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Le Québec crée la majorité de ses emplois dans les PME. Mais une économie solide a besoin de quelques navires amiraux comme épine dorsale. Ce sont ces grandes entreprises, fleurons de notre économie durant des décennies, qui donnent des signaux inquiétants.

Le Québec crée la majorité de ses emplois dans les PME. Mais une économie solide a besoin de quelques navires amiraux comme épine dorsale. Ce sont ces grandes entreprises, fleurons de notre économie durant des décennies, qui donnent des signaux inquiétants.

Les noms Alcan, Bombardier, Cirque du Soleil ou SNC-Lavalin ont été mille fois cités comme des exemples de succès économiques québécois. Ne paniquons pas: ces entreprises n’ont pas déclaré faillite ni fermé leurs portes. Cependant, des nouvelles négatives frappent à répétition les fleurons de notre économie.

Sombre période

Alcan a été vendue à la multinationale Rio Tinto. En plus de la disparition du nom Alcan, on assiste à des mises à pied au siège social montréalais, dont le caractère décisionnel réel soulève des questions. Bombardier connaît des difficultés financières qui ont aussi forcé des suppressions d’emplois douloureuses. L’entreprise pourrait même vendre une partie de sa division Transport pour lever des fonds.

Le Cirque du Soleil est vendu et nous devons nous fier aux engagements d’un acheteur américain pour croire à l’avenir du siège social. SNC-Lavalin s’est mise dans le pétrin avec des pratiques répréhensibles. Elle a perdu des emplois et des plumes, comme les autres entreprises de ce fameux secteur du génie québécois qui fit notre gloire jadis.

Même les plus ardents défenseurs de la PME soutiendront que des entreprises de grande taille en bonne santé servent de turbopropulseur aux plus petits acteurs autour d’elles. Bombardier achète des pièces et des composantes multiples.

Je me souviens de visites que je faisais dans des ateliers d’usinage de ma circonscription quand j’étais député, des PME de quelques dizaines d’employés. On m’y montrait des pièces de métal usinées sur place en soulignant qu’elles étaient destinées à Bombardier.

De grandes entreprises et de grands sièges sociaux sous-traitent et achètent chez des centaines de fournisseurs qui sont pour beaucoup dans le premier rayon de 100 km autour de leurs installations. Ils achètent de l’équipement, des fournitures ou des services professionnels.

Perdre des sièges sociaux, c’est à la fois perdre des occasions d’affaires et perdre le contrôle sur les destinées de l’entreprise. Même si on nous promet de laisser un bureau au Québec, celui-ci devient davantage un pion sur un échiquier mondial qu’un vrai lieu décisionnel.

Libéraux sous surveillance

Aucun gouvernement ne peut intervenir constamment pour stopper des transactions dans une économie libre. Par contre, un gouvernement comme celui de Philippe Couillard, élu en mettant en vedette un trio économique compétent, doit montrer plus d’ardeur à la tâche.

Une équipe élue en garantissant des emplois ne peut pas se contenter de prendre le crédit quand les chiffres de l’emploi sont bons et se déclarer impuissante devant les nouvelles négatives.

Un gouvernement établit la fiscalité et les autres règles du jeu qui font du Québec un endroit favorable ou non à l’investissement. Le premier ministre a le pouvoir de faire la promotion du Québec et d’attirer les entreprises.

À compter d’aujourd’hui, monsieur Couillard a devant lui deux chefs d’opposition, messieurs Péladeau et Legault, qui ont été chefs d’entreprise. S’ils font leur travail sérieusement en matière d’emploi, d’investissements et de sièges sociaux, le gouvernement va se faire sonner les cloches au moindre signe de faiblesse. Tant mieux.

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