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L’onde de choc PKP

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Si on se fie au sondage Léger, l’effet PKP est réel. L’insatisfaction à l’égard du gouvernement Couillard n’est pas étrangère à son succès, mais le nouveau chef péquiste démarre en trombe.

Si on se fie au sondage Léger, l’effet PKP est réel. L’insatisfaction à l’égard du gouvernement Couillard n’est pas étrangère à son succès, mais le nouveau chef péquiste démarre en trombe.

Les chiffres sont évocateurs: l’arrivée de Pierre Karl Péladeau donne un élan à son parti et à son option. Le PQ obtenait 25% des intentions de vote en mars et 28% en avril; il en recevrait maintenant 34%. L’appui à la souveraineté remonte au-dessus de 40%. Il y a quelque chose qui se passe.

On a beau dire qu’il est normal qu’un nouveau chef provoque un engouement, l’effet PKP n’est pas banal. L’élection d’André Boisclair s’était soldée par des pertes pour le PQ. Les nominations de Philippe Couillard et de Pauline Marois avaient eu peu d’effet.

Le seul événement récent comparable est la sélection de Justin Trudeau au PLC, qui avait fait des gains uniquement aux dépens de l’opposition et dont l’effet s’est estompé depuis.

D’où viennent les nouveaux appuis du PQ ?

Depuis le sondage Léger de février, le PQ a gagné neuf points, subtilisés à parts égales à la CAQ et au PLQ.

L’érosion des appuis libéraux au profit du PQ vient en partie de la perte de popularité du gouvernement, mais elle reflète aussi l’attrait pour certains électeurs de l’alternative nouvelle représentée par PKP. La durabi­lité de ce mouvement dépendra évidemment des performances du gouvernement et de l’opposition.

D’autre part, l’arrivée d’un chef péquiste issu du milieu des affaires plaît manifestement à certains nationalistes qui avaient gravité vers la CAQ. Si PKP fait bien son travail, ce mouvement de retour pourrait se poursuivre.

Du mouvement, il n’y en a pas eu beaucoup du côté de la gauche souverainiste, associée à Québec solidaire, dont les appuis demeurent stables à 10%. Les péquistes pessimistes diront que PKP ne pourra jamais ramener cette «clientèle naturelle» du PQ au bercail. Les optimistes diront que c’est bon signe: le parti n’a pas subi l’hémorragie immédiate de ses appuis de gauche que plusieurs redoutaient.

On verra qui dit vrai, mais le peu de confiance qu’on accorde à PKP pour réduire les écarts de richesse indique qu’il a une pente à remonter à gauche.

Le défi de la durée

Le sondage révèle que l’insatisfaction envers le gouvernement demeure élevée depuis plusieurs mois. Il n’en sera peut-être pas toujours ainsi, mais l’occasion est belle pour un nouveau chef dont la cote dépasse celle de ses adversaires dans presque tous les domaines de consolider cette avance, à condition d’offrir une alternative crédible de gouvernement.

Malheureusement, la question sur les potentiels conflits d’intérêts ne permet pas d’aller au fond du sujet. On peut juger que M. Péladeau est apte à remplir ses fonctions sans être «indifférent» aux problèmes soulevés par sa situation. Le public en entendra beaucoup parler pendant les prochaines semaines. On y reviendra.

Alors que PKP entame la reconstruction d’un parti et d’un mouvement passablement amochés, il peut compter sur des appuis solides. Reste à voir si sa performance sera à la hauteur des attentes et si, dans trois ans, l’onde de choc d’aujourd’hui sera un tsunami ou une vaguelette.

 

 

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