/opinion/columnists
Navigation

Ce qui a changé

PKP
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

L’élection de Pierre Karl Péladeau marque une véritable rupture avec ce qu’a été le Parti québécois depuis 1995, soit un parti qui proposait de gouverner d’abord, tout en tentant de réunir les «conditions gagnantes» pour tenir un référendum sur la souveraineté.

L’élection de Pierre Karl Péladeau marque une véritable rupture avec ce qu’a été le Parti québécois depuis 1995, soit un parti qui proposait de gouverner d’abord, tout en tentant de réunir les «conditions gagnantes» pour tenir un référendum sur la souveraineté.

C’est donc la victoire de ceux qui croient que, l’indépendance ayant été délaissée, il s’agit d’en parler et d’en démontrer la nécessité pour que les Québécois se rendent à l’évidence et se donnent un pays. De là l’idée d’un argumentaire renouvelé, actualisé et chiffré, à l’image de celui préparé par les Écossais récemment.

Cap sur l’indépendance

PKP met résolument le cap sur l’indépendance et le PQ sera dorénavant un parti qui proposera de réaliser le projet de pays tout en mettant sur la table quelques idées pour gouverner la province «en attendant». La plateforme électorale de 2018 devrait presque ainsi se résumer à l’article 1 puisque le nouveau chef a été très clair: il n’est pas intéressé à devenir le premier ministre de la province de Québec.

Par ailleurs, il a souvent répété que l’indépendance n’est ni de droite ni de gauche, mais qu’elle est désirable en soi. En conséquence, il est logique de conclure que le programme ne sera pas trop détaillé, puisqu’il devrait alors se situer idéologiquement sur le continuum droite-gauche. L’enjeu sera clair.

La question nationale revient donc à l’avant-plan, avec ce que cela peut comporter de polarisation. PKP fait le pari que celle-ci est une condition sine qua non à l’accession au pouvoir, puis au déclenchement d’un processus référendaire.

L’ambiguïté, voire la «mollesse» qu’on a reprochée au PQ lors de la dernière élection est vue, par plusieurs, comme étant la cause de l’éparpillement des souverainistes dans d’autres partis.

Nouvelle ère

Au PQ, c’est donc le début d’une nouvelle ère. Ceux que beaucoup considèrent comme des «attentistes» ont été mis en échec. Suivant l’insuccès de ce groupe, qui a n’a pas su stopper la baisse des appuis populaires d’élection en élection, il faudra voir comment le vainqueur de la course à la chefferie réussira à mobiliser et à rassembler pour gagner.

Pierre Karl devra également s’atteler à constituer une solide garde rapprochée. On oublie souvent à quel point ces conseillers sont précieux, surtout s’ils ne jouent pas le rôle de béni-oui-oui, comme c’est trop souvent le cas.

On surveillera, enfin, avec attention la place qu’il réservera à ceux qui l’ont appuyé, comme Pascal Bérubé, mais encore davantage à ceux qui l’ont affronté, à commencer par Alexandre Cloutier qui a fait, dans les circonstances, un score inespéré après une belle campagne positive, en compagnie de Véronique Hivon, tournée essentiellement vers les moins de 40 ans dont le PQ a tant besoin.

En ce sens, le plus grand défi de PKP sera sans doute de se méfier de lui-même, de ses sorties sur Facebook et ailleurs. À partir de maintenant, il est sous la loupe, le microscope.

L’heure de vérité a sonné pour le nouveau chef et le Parti québécois.