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Le festin universitaire

Le festin universitaire
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Ils se foutent de nos gueules, c’est évident. Les barons du réseau universitaire n’ont rien à cirer de l’austérité. Les privations, c’est pour les naïfs, pour la masse taxable des moutons rasés par le fisc une fois par année.

Ils se foutent de nos gueules, c’est évident. Les barons du réseau universitaire n’ont rien à cirer de l’austérité. Les privations, c’est pour les naïfs, pour la masse taxable des moutons rasés par le fisc une fois par année.

À l’université, mon cher, on plane sur les hauteurs du savoir et l’amour-propre y coûte cher. On n’y parle plus de convenance ou de retenue, le pouvoir politique étant neutralisé, on s’offre une véritable curée. Dans leurs palais décrépits, nos champions se croient sortis de la cuisse de Jupiter. Le fric est dépensé conséquemment, dans une sorte de vanité jouissive. Quand ce n’est pas à Bishop, en banlieue de Sherbrooke, c’est à l’Université Laval qu’on se tricote des parachutes en fils d’or.

Mais que se passe-t-il au juste dans ces asiles? Ne sait-on pas dans les conseils d’administration et les organigrammes foisonnants qu’on est à l’ère de l’austérité? Mais bien sûr qu’ils le savent! Ils écoutent tous la radio, lisent les journaux, écoutent la télé. Ils ont entendu Philippe Couillard et Martin Coiteux. Ils n’ont pu rater la complainte syndicale diffusée en boucle partout. Ils savent que l’austérité sévit là où ça fait mal, sauf dans les abus conventionnés par des élites complices.

À l’Université Laval, Brière et sa clique préparent leur départ, assorti de primes juteuses. Environ un demi-million pour Brière, nous apprenait le FM93 mercredi. Grossier, révoltant, tout simplement ahurissant. Les finances publiques du Québec ressemblent à un cadavre couvert de sangsues. Ça ne sera pas drôle demain. On dirait que la voracité des aristocrates dominant le modèle québécois grandit un peu plus chaque jour: de Vandal à Brière, le même gavage.

Le ridicule ne tue pas

Certains connaissent trop bien l’incapacité du gouvernement à intervenir. Ceci explique donc cela... Peu importe qu’ailleurs soit limitée l’hygiène des personnes âgées. Ou que l’on meurt sur une liste d’attente.

«La farce a assez duré», a lancé, exaspérée, la députée péquiste, Véronique Hivon, à l’Assemblée nationale, mercredi. Forçant à nouveau le ministre de l’Éducation, François Blais, à faire des bulles avec des mots. Pauvre homme, il est démuni et il le sait. Le pouvoir politique ne peut empêcher les arrangements abusifs sous prétexte qu’ils concernent des institutions privées. Ça ne donne donc rien de se mettre en colère. Malheureusement. Le ministre peut toujours protester. Ça lui permet seulement de sauver les apparences.