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Le burlesque, c’est du sérieux !

Le burlesque, c’est du sérieux !
Photo courtoisie

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L’humour burlesque n’a plus de secrets pour Benoît Brière. Dix-huit ans après avoir incarné Olivier Guimond dans Cher Olivier, une minisérie biographique signée André Melançon, il arbore la robe dans Madame Lebrun à Super Écran. De nature burlesque, cette adaptation québécoise de Mrs. Brown’s Boys, une sitcom écossaise enregistrée devant public, brosse le portrait d’une mère de famille (Brière) irrévérencieuse au possible. Discussion sérieuse à propos du burlesque.

À quand remonte votre amour du burlesque?

Mes parents aimaient beaucoup le burlesque, particulièrement ma mère. Plus jeune, elle allait voir Olivier Guimond et compagnie «performer» au National. J’ai tellement, tellement entendu parler de Guimond durant mon enfance que, quand on m’a offert son rôle dans Cher Olivier, j’étais convaincu de connaître toute son œuvre!

Quel est le plus grand mythe entourant le burlesque?

Les gens croient à tort que parce que c’est déjanté, ce n’est pas préparé. Or, «performer» dans le burlesque requiert énormément de sérieux. À l’époque, les Olivier Guimond et compagnie improvisaient beaucoup, mais ils récupéraient tout ce qui était bon au fil des représentations et éliminaient tout ce qui ne l’était pas. Ce qui faisait qu’au final, chaque sketch était mauditement bien organisé. Il faut avoir un talent gigantesque dans la compréhension du «delivery» comique. La comédie, c’est mathématique, une nanoseconde avant ou une nanoseconde après le punch n’a pas le même effet.

Gilles Latulippe a toujours porté le flambeau du burlesque, jusqu’à sa mort l’automne dernier. Le genre est-il disparu avec lui?

C’est difficile à dire. Une chose est sûre, c’était le dernier des Mohicans. M. Latulippe avait un don. Les gens qui l’entouraient sur scène au Théâtre des variétés, particulièrement dans les dernières années, n’avaient pas son talent.

Pourriez-vous reprendre ce flambeau?

Je n’ai pas cette prétention. En ce moment, on sent une volonté de ramener le burlesque... du moins une forme de burlesque. C’est quelque chose que je vois dans les productions de Juste pour rire et d’André Robitaille, qui a un théâtre d’été de très grande qualité. Martin Drainville, Luc Guérin et moi faisons aussi la même chose à notre théâtre d’été à Terrebonne: des productions très loufoques, mais avec une histoire – des comédies intelligentes. Le public ne veut plus voir de productions faciles, trop «nounounes».

Toute l’équipe de Madame Lebrun.
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Toute l’équipe de Madame Lebrun.

Madame Lebrun pourrait-elle ramener le burlesque au goût du jour et confondre les sceptiques?

Je crois que oui. Le texte existe. Il est solide. Il est «punché». Il marche très bien. Mais dans la plus pure tradition du burlesque, il est permissif. On peut improviser et jouer avec les éléments sans contrainte de temps parce que c’est diffusé à Super Écran. On peut prendre des libertés sans craindre de défoncer le format d’une demi-heure des chaînes traditionnelles. On a tourné la première saison ce printemps. On a tourné les épisodes dans des salles pleines à craquer. Les gens sortaient ravis de leur expérience. Beaucoup d’entre eux sont revenus. Certains sont venus aux 10 enregistrements! On sentait un engouement. C’est formidable!

Vous avez incarné Madame B dans les publicités de Bell pendant plusieurs années. Quelles sont les différences entre Madame B et Madame Lebrun?

On est à des kilomètres! Madame B était une mère omniprésente et légèrement accaparante, mais elle avait quelque chose de très cute, de fragile. Elle était gentille et aimante. On n’est pas du tout là-dedans dans Madame Lebrun, qui est une femme homme. Elle est rough. C’est une femme qu’on adore ou qu’on adore détester. Elle est effrayante! Elle est terrible avec ses brus et encore pire avec ses gendres. Mais elle aime ses enfants. C’est une femme forte.


♦ Super Écran présente la première saison de Madame Lebrun les mercredis à 20 h. À compter du 27 mai.

♦ Une deuxième saison est déjà en chantier. Les enregistrements devant public auront lieu cet automne.