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L’homme arrêté à Saint-Constant dénonce «l’erreur de perception»

«Il a l’impression qu’il a été jugé alors qu’il n’a rien à se reprocher» -l'avocat de l'homme suspecté

enlèvement Saint-Constant
Le portrait-robot de l'homme

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L’homme arrêté par la police après une plainte non fondée pour une tentative d’enlèvement à Saint-Constant dénonce « l’erreur de perception » de la plaignante qui lui a couté sa réputation.

«Ça a été très difficile pour lui, explique Me Jean Gauthier, l’avocat de l’homme en question qui a préféré conserver l’anonymat. Le portrait-robot était très fidèle. Les gens le reconnaissaient. Il a l’impression qu’il a été jugé alors qu’il n’a rien à se reprocher. Tout ça en raison d’une "erreur de perception".»

Le client de Me Gauthier a passé plus de trente heures au poste de police lundi dernier pour être interrogé dans ce que la police croyait être une tentative d’enlèvement.

La mère d’une petite fillette de deux ans avait alerté les secours le 13 mai car elle pensait qu’un homme avait voulu emporter sa fille de deux ans sur son vélo, alors qu’elles se promenaient toutes les deux au parc Levasseur. Elle avait ajouté qu’un bon samaritain était intervenu pour effrayer le présumé agresseur et récupérer l’enfant.

Son témoignage avait permis de dresser un portrait-robot du suspect.

Quelques jours plus tard, cependant, la police indiquait que la tentative d’enlèvement n’avait jamais eu lieu et que c’était « une erreur de perception de bonne foi » de la part de la mère. Il n’était toutefois pas possible d’en savoir plus sur les évènements qui s’étaient déroulés cet après-midi au parc.

Pause cigarette

Selon ce que raconte Me. Gauthier, son client rentrait chez lui à vélo après son travail le 13 mai, quand il s’est arrêté pour fumer une cigarette au parc Levasseur, comme à son habitude. «Il habite quand même loin. Il a donc fait une pause», explique son avocat.

Mais il n’aurait jamais parlé à personne à ce moment, et encore moins approché un enfant, ajoute l’avocat. «Il serait même incapable de reconnaitre la mère. Il est juste rentré chez lui. C’est un père de famille de deux enfants. Jamais il n’aurait fait ça», précise-t-il.

Ce n’est que le vendredi suivant que l’homme en question a appris qu’il était recherché. «Ses collègues de travail lui ont dit en riant qu’il était dans le journal. Il a vérifié sur internet en rentrant chez lui le midi et il s’est aperçu que c’était le cas», dit Me Gauthier.

L’homme aurait contacté son avocat le lendemain. Ce dernier a tenu à effectuer quelques recherches avant que son client ne se rende à la police. «C’était clair qu’il allait se signaler à la police, mais c’était un long weekend. Et on voulait attendre que le soi-disant bon samaritain se manifeste», dit Me. Gauthier.

Finalement la police a pris les devants et a sonné chez le suspect lundi après-midi. Ce dernier a été relâché le lendemain, sans qu’aucune accusation ne soit déposée contre lui.

Témoignage bancal

Pour l’avocat de l’homme arrêté, même si le témoignage de la mère «est de bonne foi», il soulève des questions.

«Elle a fait soi-disant une erreur de perception, mais pourtant elle est capable de dresser un portrait très fidèle de mon client. Elle parle également d’un bon samaritain qui a remis la fillette dans les bras de sa mère. Mais je suis convaincu que ce bon samaritain n’existe pas. Comment est ce que ça peut être une erreur de perception?»

Le bon samaritain ne s’était effectivement jamais manifesté auprès de la police, selon les autorités.