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Luc Grenier: «Je vais m’ennuyer de toi, Albert...»

Luc Grenier: «Je vais m’ennuyer de toi, Albert...»
KARL TREMBLAY/JOURNAL DE QUEBEC/

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Dans ma carrière de 25 ans dans le monde du journalisme, j’ai eu la chance de travailler avec de nombreux journalistes et des personnalités de fort calibre.
 
À TQS Québec, dans les années 90, j’ai eu le privilège de côtoyer, puis de diriger une jeune équipe de reporters extrêmement talentueux.
 
À TVA Montréal, comme producteur du TVA 17 heures et du TVA 18 heures au début des années 2000, j’ai eu le plaisir de travailler avec Pierre Bruneau et Claude Charron, deux grands numéros un de l’information.
 
À Radio-Canada Montréal, à mon arrivée comme directeur des sports en 2006, j’ai eu dans mon équipe Richard Garneau, Claude Quenneville, Michel Villeneuve, et j’en passe, une équipe impressionnante.
 
À mon retour à Québec en 2010, j’ai pris la direction d’une salle des sports dont faisait partie un leader, le chroniqueur Albert Ladouceur. Je ne le connaissais pas personnellement  à l’époque, mais, aujourd’hui, je peux dire sans me tromper qu’il est l’un des meilleurs avec qui j’ai eu la chance de travailler.
 
En Albert Ladouceur, j’ai découvert un journaliste toujours au fait de ses dossiers, extrêmement curieux et réfléchi, méticuleux, un gars pas compliqué qui acceptait la critique. Franchement, il n’y avait qu’à le laisser aller. Comme il était très respecté dans le milieu, tous acceptaient de le rencontrer et de s’ouvrir à lui.
 
En lui, j’ai aussi découvert un homme sensible, capable d’une grande écoute, mais aussi d’une grande générosité.
 
Je n’oublierai jamais sa passion pour la boxe, pour le hockey, sa capacité d’analyser une situation, mais aussi de changer d’idée quand on lui apportait de bons arguments.
 
Albert a pris sa retraite à la fin de l’année 2013 après avoir reçu un diagnostic de cancer du pancréas.  Il a continué à écrire dans votre Journal comme pigiste, car j’étais incapable de me passer de lui et ça lui faisait du bien de se garder occupé. Il fait assurément partie des meilleurs journalistes avec qui j’ai eu la chance de travailler.
 
Le défi, quand on dirige une salle de nouvelles, c’est de s’entourer d’une équipe de reporters forte et efficace. Et on cherche sans cesse à améliorer leur travail par des conseils et des remarques. On cherche aussi à dénicher de nouveaux talents qui vont nous permettre de toujours mieux informer le public et, dans mon cas, les amateurs de sport. Mais, quand on les a trouvés, on ne veut pas les perdre, on veut les garder pour toujours.
 
S’il est difficile de laisser un bon élément partir à la retraite, c’est encore pire lorsqu’il est devenu un ami.  Mais la mort, franchement, c’est trop...  Le Journal est en deuil.
 
Ici, Albert n’avait que des amis. Pendant les 22 derniers mois, au cours desquels il s’est fièrement battu, nous avons tous espéré qu’un miracle se produise, car c’était trop injuste.
 
Mais, comme tu me le disais souvent, Albert, on se reverra. C’est juste que j’aurais tellement préféré que ce soit ici, au Journal.
 
Je vais m’ennuyer de toi, Albert...

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