/sports/opinion/columnists
Navigation

Salut, Albert!

Albert Ladouceur
© Photo Karl Tremblay

Coup d'oeil sur cet article

Pour moi, Albert n’aura jamais été un collègue comme un autre. 
 
Quand j’étais gamin, il n’était pas rare de l’entendre au bout du fil ou de le voir arriver chez nous, à la maison. Pas pour me garder, il n’aurait jamais pu m’endurer!
 
Non, plutôt parce que mon père, Claude Cadorette, était son partenaire. Pas un partenaire de vie, mais presque! Parce qu’assurer la couverture des Nordiques, ça meublait bien des heures dans une vie. Pour être partenaires sur le gros beat, il faut se vouer une confiance aveugle et un profond respect. Le «mariage» professionnel entre mon père et Albert a duré 16 ans. De nos jours, c’est une éternité.
 
J’ai donc connu Albert très jeune. Après le décès de mon père en 1995, il ne se doutait certainement pas qu’au début des années 2000, Le Journal déciderait de lui mettre un autre Cadorette dans les pattes en m’embauchant! Nous sommes devenus collègues à notre tour et même si les Nordiques ne sont plus en ville, Albert aura aussi été un formidable partenaire pour moi.
 
UN GRAND RESPECT
 
Quand quelqu’un de bien apprécié nous quitte, la tentation de sortir le violon est forte. Je ne prétendrai donc pas qu’Albert était un grand ami. Plusieurs années nous séparaient et nous n’avions pas forcément les mêmes intérêts.
Cela ne m’a jamais empêché de respecter au plus haut point ce qu’il avait accompli. Et surtout, de respecter infiniment ce qu’il a fait pour moi au fil des ans.
 
Je ne compte plus les contacts qu’il a pu me refiler. Les mots encourageants par des journées plus grises. Les suggestions d’angles à aborder ou de reportages qui m’ont fait bien paraître. Les blagues pour détendre l’atmosphère.
Tout journaliste qui débute aime tirer profit du bagage d’un routier d’expérience qui a vu neiger. Difficile d’être mieux servi en ce sens que par Albert, qui a touché à tout avec brio.
 
DU REPOS? OUI, MAIS...
 
J’ai le goût de dire à Albert, comme la formule d’usage le veut, de reposer en paix. Mais pas trop!
 
Albert, tu t’es battu, tu as souffert, tu as inspiré bien des gens qui ont admiré ton inébranlable enthousiasme dans la tempête. Tu mérites de revoir le beau temps. Donc, prends le temps de te reposer, oui. Mais ne t’éternise pas, parce que je vais te demander un petit service.
 
Tu te souviens combien de fois tu m’as dit que dans des moments difficiles, tu as enguirlandé mon pauvre père en haut pour qu’il te sorte du pétrin? Tu te souviens que tu me disais qu’à tout coup, ça fonctionnait?
 
Tu me vois venir, hein? À toi de retourner l’ascenseur, si tu veux bien. Quand je serai coincé au neutre sur une assignation, à Québec ou ailleurs, ne te surprends pas de m’entendre grogner un brin.
«Albert, fais quelque chose, aide-moi donc un peu!»
 
Et je suis convaincu que tu sauras m’aider. On va faire un deal, d’accord? Ce sera ma manière de t’amener avec moi sur le terrain, dans ce métier que tu as tant aimé.
 
En attendant, toi qui as toujours raffolé des grands hôtels et des belles villes, trouve-toi un endroit confortable et détends-toi.
 
Parce que dans les années à venir, j’aurai parfois besoin de toi sur la job.
 
Au revoir, Albert, et salue ton ancien partenaire pour moi en même temps!
 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.