/opinion/columnists
Navigation

Le Québec n’est pas un pays, Monsieur Péladeau

Coup d'oeil sur cet article

Ainsi, le nouveau chef du Parti Québécois a décidé de prendre le taureau par les cornes et de jouer à fond la carte de la souveraineté. Je ne peux que le féliciter.

Ainsi, le nouveau chef du Parti Québécois a décidé de prendre le taureau par les cornes et de jouer à fond la carte de la souveraineté. Je ne peux que le féliciter.

Trop longtemps, les péquistes ont semblé ne pas être à l’aise avec l’option qui est la leur. Il ne fallait pas trop parler d’indépendance pour ne pas effrayer la majorité. Mais il était tout de même important d’en parler, un peu, pas trop, pour garder les braises bien chaudes au sein des militants. Une chatte y aurait perdu ses chatons. Pas surprenant que la population ait massivement déserté ce parti au cours des 12 dernières années.

L’élection de Pauline Marois à la tête de la province représentait un vote de contestation envers les libéraux. Le principe d’alternance, en quelque sorte.

À visière levée

Bref, monsieur Péladeau emploie la bonne stratégie en abordant la question avec autant d’aplomb. Cela ne veut pas dire que les Québécois adhéreront à la démarche, mais au moins, le tout se fait à visière levée.

Monsieur Péladeau a décidé de parler du Québec comme étant « un pays ». Comme si la cause était entendue. Le sort jeté. Une formalité, quoi!

Mentionnons que le Parti libéral devra se préparer à ne plus se contenter uniquement de brandir l’épouvantail de l’indépendance pour forcer les souverainistes à battre en retraite, comme il le fait si bien depuis deux décennies déjà. Le contre-argumentaire devra être étoffé, soutenu et clair. Alors voilà. Les prochaines années seront consacrées à mettre la table à cette élection référendaire qui se tiendra en 2018.

Le « pays » du Québec

Dans cette belle franchise du chef péquiste, un élément m’irrite au plus haut point.

Comme des ongles sur un tableau d’école.

Monsieur Péladeau a décidé de parler du Québec comme étant «un pays». Comme si la cause était entendue. Le sort jeté. Une formalité, quoi! Remarquez qu’il n’est pas le premier. Les Parizeau, Landry et Marois, pour ne nommer qu’eux, ont souvent fait de même. Mais il y a quelque chose de plus insistant dans la démarche du chef péquiste. Comme si, à force de le dire et de le redire, le tout deviendrait réalité.

On va même jusqu’à prétendre que le Québec est le 17e pays le plus riche du monde!

Le Québec est une province. Ce mot provoque des haut-le-cœur bien sentis chez les plus ardents souverainistes. À un point tel où ce mot n’est plus un nom, mais plutôt un adjectif qualificatif dévalorisant. «Ah que t’es provincialiste»!

À croire que nous devrions être gênés d’être canadiens.

Je suis extrêmement fier d’être québécois, fier de nos différences, fier de ma langue, de mon histoire et de mes origines.

Mais je suis aussi fier de dire que mon pays est le Canada.

Ce n’est pas une honte d’appartenir à un pays qui représente des valeurs de démocratie, ici comme ailleurs, qui est une terre d’accueil prisée de par le monde, qui est un modèle de promotion des libertés.

Les souverainistes ont bien le droit de faire la promotion de l’indépendance du Québec.

Mais le respect le plus élémentaire commande qu’ils reconnaissent la volonté de la majorité des Québécois, soit de vivre dans une province forte, le Québec, au sein d’un pays uni, le Canada.

 

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.